[réponse] par Johanis 2012-06-18 17:44:02 |
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Vous dites :
" "Premièrement : ce qui ne répond pas à la vérité et à la loi morale n’a objectivement aucun droit à l’existence, ni à la propagande, ni à l’action...”
Obnubilé par le premier principe – que Dignitatis Humanæ contredit de plein fouet "
Je ne vois pas qu'on puisse dire que DH contredise votre premier point. Car je crois que la problématique du texte n'est pas celle-là. Ce n'est pas que l'erreur ait un droit à l'existence, mais c'est la personne humaine qui a, affirme le texte, un droit à chercher la vérité sans contrainte.
Cette divergence de problématique doit être approfondie : il faut se demander ce que signifie "la vérité a le droit exclusif à l'existence", ou "l'erreur n'a aucun droit à l'existence". Car dans le contexte où ces expressions sont employées cela signifie en fait que l'erreur ne doit pas être dite, que l'état doit empêcher qu'elle soit proférée; l'erreur est une abstraction (comme la liberté par exemple), elle n'existe pas en soi (sauf lorsqu'on parle de Dieu qui est La Vérité, mais ici il ne s'agit pas de cela) ; il n'y a d'erreur que pensée, dite ou écoutée.
Il faut donc se poser la question : est-ce que quelqu'un a le droit de dire, d'enseigner des erreurs ? Le Concile Vatican II, à propos de la liberté religieuse, affirme que la dignité de la personne humaine exige qu'elle puisse librement chercher la vérité, et qu'elle ne doit pas être contrainte dans cette recherche. Et le concile affirme que la recherche de la vérité par l'homme se fait moyennant sa nature sociale; il est naturel à l'homme de partager sa recherche de la vérité, et il ne le fait jamais isolément; il lit, écoute, dialogue, subit de multiples influences. Le concile dit que le respect de la liberté dans la recherche de la vérité, suppose cette liberté de communiquer, de choisir ceux qui vont nous enseigner ou enseigner les enfants. On est dans la liberté de recherche de la vérité lorsqu'on choisit tel groupe avec qui on partage des convictions.
Mais antérieurement et comme finalité à tout cela le concile affirme que l'homme est tenu moralement de chercher la vérité, c'est là sa première dignité. Le concile dit que l'état n'a pas à règlementer la recherche de la vérité.
Dire que le concile affirme un droit de l'erreur à exister c'est faire un contre-sens.
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