Bilan par DumVolviturOrbis 2026-06-05 14:17:30 |
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Je viens de lire plusieurs dizaines de messages sur la liberté religieuse, Vatican II, le magistère ordinaire universel, le magistère extraordinaire, Quanta Cura, Dignitatis Humanæ, les minarets, les mosquées, saint Vincent de Lérins, Pie IX, Pie XII, le cardinal Ottaviani, le cardinal Bea, le père Murray, le père Congar, le cardinal Ratzinger, les dubia de Mgr Lefebvre, les évêques dispersés, les évêques réunis, les évêques dispersés mais réunis dans l'esprit, les évêques réunis mais dispersés dans la doctrine, et même les statistiques démographiques de la FSSPX.
Résultat ?
Personne n'a changé d'avis.
Mais tout le monde a cité au moins trois encycliques.
À un moment, un intervenant explique que Vatican II dit exactement le contraire de Quanta Cura.
Un autre explique que Vatican II dit exactement la même chose que Quanta Cura.
Un troisième explique que Vatican II ne dit ni la même chose ni le contraire, mais un développement homogène dans une continuité herméneutique de nature organique.
Un quatrième explique que ce troisième intervenant n'a rien compris à l'infaillibilité.
Un cinquième explique que le quatrième ne comprend rien au magistère ordinaire universel.
Un sixième explique que le cinquième confond l'objet matériel et l'objet formel.
Un septième cite un théologien de 1940.
Un huitième répond avec un théologien de 1953.
Un neuvième dégaine un dominicain suisse.
Et un dixième rappelle que la FSSPX représente 0,04 % des catholiques.
Ce à quoi un onzième répond qu'elle représente 2 % des séminaristes.
Ce qui, évidemment, règle définitivement la question de la liberté religieuse.
Pendant ce temps-là, quelque part dans le monde réel, un catholique moyen essaye simplement de savoir s'il doit aller à la messe dimanche.
Le pauvre ignorant ne sait pas qu'avant d'entrer dans une église il devrait d'abord maîtriser :
– la distinction entre tolérance et liberté ;
– la différence entre droit moral, droit civil et droit de fait ;
– les conditions de l'infaillibilité du magistère ordinaire universel ;
– la notion de développement homogène du dogme ;
– et l'interprétation correcte d'un discours de Pie XII prononcé en 1953 devant des juristes italiens.
Le christianisme avait commencé avec des pêcheurs de Galilée.
Il semble parfois vouloir finir avec des juristes spécialisés dans les notes de bas de page.
Le plus extraordinaire reste cependant ce miracle permanent : chacun affirme défendre fidèlement la Tradition.
Et tous arrivent à des conclusions opposées.
Ce qui prouve au moins une chose : la charité est décidément le dogme le plus difficile.
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