L'immunité de contrainte au service de la mission de l'Église par Réginald 2026-06-05 09:37:00 |
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Il est évident qu'il s'agit de fausses croyances et qu'elles peuvent contenir des « erreurs et superstitions » constituant des « obstacles au salut » (Dominus Iesus). En effet, s'il est vrai que « les adeptes des autres religions peuvent recevoir la grâce divine », il n'en est pas moins certain que, « objectivement, ils se trouvent dans une situation de grave indigence par rapport à ceux qui, dans l'Église, ont la plénitude des moyens de salut » (Dominus Iesus; n° 21 ). L'exigence missionnaire demeure donc intacte : « l'Église, à qui cette vérité a été confiée, doit aller à la rencontre de leur désir pour la leur apporter C'est parce qu'elle croit au dessein universel de salut qu'elle doit être missionnaire » (CEC, n. 851). L'Eglise exclut radicalement la mentalité indifférentiste « imprégnée d'un relativisme religieux qui porte à considérer que “toutes les religions se valent” » ( Jean-Paul II, Encycl. Redemptoris missio, n. 36.)
C'est précisément sur ce point que le Concile apporte une réflexion nouvelle. DH rattache la liberté religieuse à la dignité de la personne humaine, mais cette dignité n'est pas conçue de manière abstraite. Elle est liée au caractère libre de l'acte de foi. Une adhésion religieuse obtenue sous la pression ou dans un contexte de contrainte n'est pas encore une véritable conversion. Celui qui se sent visé ou exclu en raison de ses convictions religieuses tend à se replier davantage sur celles-ci plutôt qu’à les réexaminer.
C'est d'ailleurs ce qui me paraît intéressant dans le schéma Ottaviani. Celui-ci évoque déjà le risque qu'une politique trop restrictive constitue un impedimentum conversionis ad veram fidem et souligne qu'il faut agir de telle sorte que les dissidents ne soient pas éloignés de l'Église mais attirés à elle. C'est pourquoi il écrit déjà, de manière très réaliste, que la tolérance religieuse peut "s'imposer (imponi)" dans les sociétés où existent depuis longtemps d'importantes communautés non catholiques.
Aujourd'hui, dans des sociétés durablement pluralistes où l'unité religieuse catholique ne constitue plus le fondement du corps politique, la question n'est plus réellement celle de l'interdiction générale des religions non catholiques, mais celle des conditions dans lesquelles l'Église peut annoncer efficacement la vérité du Christ et conduire les hommes à une adhésion libre à cette vérité.
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