[réponse] par Réginald 2026-06-03 23:48:43 |
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Il me semble que le Concile a surtout pris acte d'une transformation profonde des sociétés modernes et de la distinction croissante entre l'ordre civil et l'ordre religieux.
Dans la doctrine classique, l'erreur religieuse pouvait être réprimée non parce qu'elle était une erreur en tant que telle, mais parce qu'elle était regardée comme portant atteinte au bien commun d'une société dont l'unité religieuse constituait un élément essentiel. Dans un tel contexte, l'ordre religieux et l'ordre politique étaient étroitement liés.
Pour DH, dans les circonstances actuelles, il est injuste pour l'État de réprimer les faux cultes, non parce que l'erreur posséderait un droit moral, mais parce qu'une telle répression nuirait elle-même au bien commun : à la paix civile, à la liberté intérieure des consciences et à la justice proportionnée à ce que le corps social peut réellement recevoir.
La différence est peut-être que les auteurs du XIXe siècle raisonnaient souvent à partir de la thèse, c'est-à-dire de ce que l'État devrait idéalement faire dans une société pleinement ordonnée au vrai bien commun. DH ne nie pas que les hommes et les sociétés aient des devoirs à l'égard de la vraie religion (DH 1). Mais il raisonne davantage à partir de l'hypothèse : que peut réellement faire l'autorité civile dans les conditions concrètes des sociétés contemporaines sécularisées et divisées depuis la Réforme ?
La réponse du Concile est que, dans ces circonstances, l'usage de la contrainte en matière religieuse compromet généralement davantage le bien commun qu'il ne le sert. C'est pourquoi l'immunité de contrainte est fondée non sur un prétendu droit de l'erreur, mais sur un jugement de justice et de prudence concernant ce que l'autorité civile peut légitimement et efficacement faire pour le bien commun.
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