Autorité pontificale : S. Pierre en avait les arrhes par Chicoutimi 2016-02-01 07:54:19 |
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Rodolphe a raison, et ce qu'il dit rejoint la pensée de S. François de Sales qui, dans ses Controverses, parle du moment où Notre-Seigneur promet à S. Pierre les Clefs du Royaume :
"Notre-Seigneur ayant dit à saint Pierre qu’il édifierait sur lui son Église, afin que nous sussions plus particulièrement ce qu’il voulait dire, poursuit en ces termes: Et tibi dabo claves regni cælorum. On ne saurait parler plus clairement: il avait dit Beatus es Simon Barjona, quia caro, etc. Et ego dico tibi quia tu es Petrus, et tibi dabo, etc.; ce tibi dabo se rapporte à celui-là même auquel il avait dit et ego dico tibi, c’est donc à saint Pierre. Mais les ministres tâchent tant qu’ils peuvent de troubler si bien la claire fontaine de l’Évangile, que saint Pierre n’y puisse plus trouver ses clefs, et à nous dégoûter d’y boire l’eau de la sainte obéissance qu’on doit au Vicaire de Notre-Seigneur; et partant ils se sont avisés de dire que saint Pierre avait reçu cette promesse de Notre-Seigneur au nom de toute l’Église, sans qu’il y ait reçu aucun privilège particulier en sa personne. Mais si ceci n’est violer l’Écriture, jamais homme ne la viola; car n’était-ce pas à saint Pierre à qui il parlait? et comment pouvait-il mieux exprimer son intention que de dire Et ego dico tibi; Dabo tibi? et puisque immédiatement il venait de parler de l’Église, ayant dit portæ inferi non prævalebunt adversus eam, qui l’eût gardé de dire et dabo illi claves regni s’il eût voulu les donner à toute l’Église immédiatement? or il ne dit pas illi, mais dabo tibi.
Que s’il est permis d’aller ainsi devinant sur des paroles si claires, il n’y aura rien en l’Écriture qui ne se puisse plier à tout sens: quoique je ne nie pas que saint Pierre en cet endroit ne parlait en son nom et de toute l’Église, quand il fit cette noble confession; non déjà comme commis par l’Église ou par les disciples (car nous n’avons pas un brin de marque de cette commission en l’Écriture, et la révélation sur laquelle il fonde sa confession avait été faite à lui seul, sinon que tout le collège des apôtres eût nom Simon Barjona), mais comme bouche, prince et chef des autres, selon saint Chrysostome et saint Cyrille, et «pour la primauté de son apostolat», comme dit saint Augustin. De sorte que toute l’Église parla en la personne de saint Pierre comme en la personne de son chef, et saint Pierre ne parla pas en la personne de l’Église; car le corps ne parle qu’en son chef, et le chef parle en lui-même, non en son corps. Et bien que saint Pierre ne fût pas encore chef et prince de l’Église, ce qui lui fut seulement conféré après la résurrection du Maître, il suffit qu’il ait été déjà choisi pour tel et qu’il en avait les arrhes; comme aussi les apôtres n’avaient pas encore le pouvoir apostolique, cheminant toute cette bénite compagnie plus comme disciples avec leur régent, pour apprendre les profondes leçons qu’ils ont par après enseignées aux autres, que comme apôtres ou envoyés, ce qu’ils firent depuis, lorsque le son de leur voix retentit par tout le monde (Ps. XVIII, 5)."
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