Pour ma part je souscris par Peregrinus 2024-10-18 18:38:49 |
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Pour ma part je souscris à l'essentiel de ce que vous avez répondu à Signo dans ce fil, à quelques détails et surtout à quelques expressions près.
Mon propos n'est pas de dire qu'Érasme est irréprochable. Je comprends le parallèle que vous dressez avec certains modernistes du début du XXe siècle ; mais je ne suis pas totalement convaincu (mais peut-être faut-il aussi distinguer entre Érasme lui-même et certains érasmiens). Même si les attaques du célèbre humaniste contre la scolastique sont globalement lamentables, il me semble qu'il faut aussi prendre en compte le fait qu'il s'en prenait largement à un scotisme décadent et à un nominalisme corrosif, ce qui n'excuse pas tout, mais explique en partie certaines outrances. J'ai du mal à ne pas voir en Érasme un chrétien sincère, réellement attaché à l'Église et à son unité, malgré tout ce qu'on peut très légitimement lui reprocher, animé d'un souci authentique de christianiser en profondeur un mouvement humaniste dont il sent qu'il pourrait déboucher potentiellement sur une renaissance du paganisme. Mais il est vrai que le personnage est complexe et sans doute nullement réductible à tel ou tel aspect de ses écrits.
Voici encore un petit extrait du Manuel du chevalier chrétien, non pour réfuter quoi que ce soit de ce que vous écrivez, mais seulement pour le plaisir.
Nous dirons seulement ici que celui qui a sept peuples ennemis à combattre, savoir, le Chananéen, le Cethéen, l’Amorrhéen, le Phérézéen, le Gergézéen, l’Evéen et le Jébuséen ; image des sept vices capitaux, doit prendre en main deux armes principales, qui sont la prière et la science.
Saint Paul, qui veut qu’on prie sans cesse, nous fait comprendre qu’il faut être continuellement armé. C’est par la pureté de la prière qu’on renferme toutes ses affections dans le ciel, et qu’on les y retranche comme dans une forteresse inaccessible à nos ennemis. Et c’est par la science qu’on munit son esprit de maximes salutaires. De sorte que la prière et la science doivent s’aider mutuellement. Elles s’empruntent réciproquement du secours, et se le donnent comme amies. L’une demande, et l’autre inspire ce qu’il faut demander. La foi et l’espérance font que nous prions avec ferveur, et sans douter, dit saint Jacques ; la science nous enseigne à prier au nom de Jésus, c’est-à-dire, à ne demander que des choses convenables à notre salut : aussi Jésus-Christ fit-il ce reproche aux enfants de Zébédée, vous ne savez ce que vous demandez.
Quoique la prière soit la plus excellente des deux, par rapport aux entretiens qu’elle fait avoir avec Dieu, la science ne laisse pas d’être fort nécessaire. C’est pourquoi je ne sais, si vous, qui voulez abandonner l’Egypte, pouvez avec assurance entreprendre un voyage si long et si difficile, sans prendre pour guides Moïse et Aaron. Celui-ci comme préposé sur les choses sacrées est la figure de la prière. Moïse comme législateur représente la connaissance de la Loi. Mais comme la science ne doit pas être imparfaite, ainsi la prière ne doit pas être lâche. Moïse soutenu de la prière combat les ennemis de Dieu, et en triomphe tant qu’il a les mains levées au ciel, comme au contraire, à mesure qu’il les abaisse il voit plier l’armée d’Israël.
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