Réponse par Signo 2024-10-12 14:37:28 |
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C'est là aussi où Signo se trompe : le catholicisme doit se repenser face à autre chose que la pré-modernité à laquelle il était habitué, une religion contre une ou des autres religions, une Église romaine contre l'Église orthodoxe ou les pré-chalcédoniens, Rome face aux Communautés ecclésiales protestantes ... on reste dans un univers informé par le Religieux avec une majuscule.
J’avoue ne pas bien comprendre ce que vous voulez dire et en quoi je me trompe sur ce point…
Ce n'est pas par hasard que les tradis puisent dans la période 1789-1960 cher Signo, c'est simplement que cette période n'est pas un "stade récent" seulement mais LA grande épreuve, la grande confrontation avec la Modernité radicalement antireligieuse qu'aucune époque antérieure n'a vécue.
Pour moi cette période n’est pas seulement celle de la grande confrontation: elle est aussi la poursuite de la grande contamination de l’Eglise par la mentalité moderne.
L’esprit moderne se caractérise en effet par le goût pour la rigidité et l’uniformité, pour l’ultra centralisation, pour le juridisme, etc. Ces idées modernes ont infiltré l’Eglise dès la Contre Réforme avec la rigidité doctrinale, l’uniformité liturgique (volonté d’imposer le rite romain à toutes les Églises locales du monde latin), ultra centralisation romaine et absolutisation de l’autorité, mentalité de «forteresse assiégée »: c’est l’époque où l’Eglise se mue en un système rigide, artificiel et vide, le « catholicisme », terme récent et moderne, apparut au XVIIe siècle, inconnu des Apôtres, des Pères et du Moyen-Age…
La post-modernité, qui commence avec mai 1968, se caractérise par un mouvement de liquéfaction, de fluidification, et, disons le, de putréfaction. C’est la « société liquide » telle que décrite par Zygmunt Bauman. Cette post modernité se traduit dans l’Eglise avec le néo catholicisme liquéfié post Vatican II. La post modernité est à la fois une réaction et un fruit de la modernité. De même que la rigidité cadavérique précède la putréfaction…
On voit donc qu’il est parfaitement vain de se contenter, pour échapper aux effets de la post modernité dans l’Eglise, de s’accrocher au modèle ecclésial moderne qui a émergé entre Trente et Vatican II: ce modèle ecclésial est précisément celui qui a accouché du modernisme. C’est en réalité aux sources vives de la foi qu’il faut revenir. La liturgie traditionnelle est née, non pas au XVIe siècle comme le prétendent ses détracteurs, mais à l’époque patristique, et elle a continué à se développer et à s’enrichir au cours du Moyen Âge. C’est donc à la lumière du grand souffle théologique et mystique qui animait ces époques fondatrices que cette liturgie devrait être interprétée, et non a l’aune de la modernité tridentine qui, si elle n’est pas a rejeter entièrement, a largement montré ses limites.
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