je souscris à votre caveat sur les filiations intellectuelles ci-dessus par Luc Perrin 2024-10-18 12:12:11 |
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Il n'y a pas c'est évident une filiation traçable allant de disciple en disciple, une ou des écoles de pensée qui vont d'Érasme et ses émules vers 1515 à Alfred loisy 1902.
Je ne crois pas, sous réserve, que Loisy se réfère jamais au Hollandais décédé chez un de ses élèves, le très protestant radical Oecolampade à Bâle.
J'ai déjà dit que l'érasmisme n'est pas tout Érasme ligne à ligne mais des traits essentiels, je les ai rappelés, qui font une "filiation" a posteriori les contextes étant bien différents. Ces traits centraux chez les Érasmiens du XVIe me semblent se retrouver dans le néo-catholicisme actuel (depuis 2013) plus d'ailleurs que chez Loisy.
Le rejet de la théologie, de la "doctrine", par les Érasmiens est du même ordre, "pratique", que celui du Pontife romain régnant pour qui tout est "pastoral" donc modulable à l'infini au gré des modes et des circonstances. Loisy arrivait à la même dévalorisation mais par l'idée que la doctrine est elle-même périssable, un "dogme" a comme une sorte de date de validité, passée une époque, on peut en changer et/ou l'abandonner. C'est la formule du cardinal Kasper néo-moderniste assumé disant en 2014 que les textes du Magistère antérieurs de Pie XI à Jean Paul II étaient périmés.
Par "moraline", j'entends ce que Luther a bien vu dans sa critique d'Érasme et de l'érasmisme : le centre de la foi chrétienne n'est pas tant de se bien comporter avec son prochain, la morale, l'éthique, c'est certes important mais un athée, un franc maçon, un musulman, un israélite, un raélien ... peut être charitable, aider la veuve et l'orphelin, couper son manteau en deux pour vêtir un pauvre etc.
Luther ramène au coeur de la foi dans ce que nous confessons Jésus comme Christ, dans la Sainte Trinité, dans le salut par la foi et le concile de Trente approuve cette centralité comme toute la Tradition.
Et toi qui dis tu que je suis ? L'interpellation évangélique de Pierre, c'est le centre. Tant chez les Érasmiens que chez les néo-catholiques actuels, cette question fondamentale est totalement escamotée. Chez Loisy, Jésus devenait un mythe construit au fil du temps et il créditait l'Église d'avoir en quelque sorte "civilisé" l'humanité ... la moraline à nouveau, en énonçant vers la fin de sa vie sa "foi en l'humanité" ... Fratelli tutti ... apologie de Davos, du mondialisme ... un petit air de ressemblance.
ps. c'est feu mon maître Émile Poulat qui m'avait mis un jour sur cette piste d'une certaine ressemblance entre érasmisme et loisysme, avec toutes les réserves de contexte qu'on peut faire. Il y a une manière de remettre la balle de la foi au centre (les Réformateurs protestants, Trente etc.) ou de s'égarer à la périphérie dans du tout "pastoral" et du relativisme plus ou moins radical vis-à-vis des piliers de la foi proprement "chrétienne" et pas dans une gazeuse "humanité". L'intuition m'a paru, au fil du temps, particulièrement pertinente et on peut repérer du XVIe à nos jours ces deux pôles opposés dans tous les courants du christianisme.
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