C'est faire beaucoup d'honneur aux modernistes par Peregrinus 2024-10-16 13:51:33 |
|
Imprimer |
L'érasmisme, cette troisième voie ni catholique ni protestante, qui échoue au XVIe relativise radicalement la théologie dont elle se gausse, certaines formules du Pontife romain régnant passeraient parfaitement dans la bouche d'Érasme. Cette relativisation du théologique, du Révélé (Bible et Tradition) au profit d'une vague morale moraline, moraline qui puise à l'Évangile comme aux sources païennes de l'Antiquité - une sorte de prélude à l'interreligieux dévoyé - c'est le propre d'Érasme et sûrement pas des grands Réformateurs protestants.
Vous étiez d’avis qu’il faut soutenir que le corps du Seigneur est dans l’Eucharistie, et se remettre à Dieu touchant la manière en laquelle il y est. Mais je n’étais pas d’accord avec vous sur ce point : car je disais qu’à la vérité cette déclaration si simple ferait éviter de grands labyrinthes de difficultés : mais que c’était un crime à un chrétien de ne pas acquiescer à l’autorité des conciles, et à ce que le consentement de toutes les Églises et de toutes les nations a approuvé depuis tant de siècles. J’ai toujours déclaré que je ne pouvais me départir de ce sentiment. Et ce qui m’y confirme encore davantage est que les Évangélistes et les Apôtres nomment très clairement le corps qui est donné et le sang qui est répandu, et qu’il me semble être merveilleusement digne de l’amour ineffable de Dieu envers les hommes, qu’après les avoir rachetés par le corps et par le sang de son Fils, il ait voulu encore les nourrir de sa chair et de son sang, d’une manière ineffable… Je lis dans les Saintes Écritures, ceci est mon corps, qui sera donné pour vous ; ceci est mon sang, qui sera répandu pour vous. Qu’ils disent où ils ont lu, ceci n’est pas mon corps, mais la figure de mon corps ; ceci n’est pas mon sang, mais le signe de mon sang. Ils se tourmentent pour faire voir qu’on peut donner le nom d’une chose à son signe… Mais je vous prie, qu’y a-t-il en tout ce qu’ils disent, qui puisse me faire abandonner un dogme que l’Église catholique enseigne depuis tant de siècles ? Ne serais-je donc pas furieux et insensé si, après les décisions de l’Église, je ne craignais point de dire, qu’il n’y a que du pain dans l’Eucharistie… C’est l’Église qui m’a persuadé de croire à l’Évangile : c’est cette même maîtresse qui m’a appris à interpréter les paroles de l’Évangile. Jusqu’à présent, j’ai adoré, avec tous les chrétiens, dans l’Eucharistie le même Jésus-Christ qui a souffert pour moi la mort sur la croix, et je ne vois point encore pourquoi je devrais changer de conduite. Jamais aucunes raisons humaines ne me feront abandonner le sentiment unanime de toute la chrétienté. Car mon esprit est plus touché de ces paroles, au commencement Dieu a créé le ciel et la terre, que de tous les arguments d’Aristote et de tous les Philosophes, par lesquels ils enseignent que le monde n’a point eu de commencement. Si votre esprit est agité de troubles et de doutes, comme vous le confessez, c’est parce que vous ne faites aucun état des Papes et des conciles. Le mien est confirmé dans la foi par le consentement de l’Église catholique. Et si vous êtes persuadé qu’il n’y a rien de plus dans l’Eucharistie que du pain et du vin, je vous déclare, pour moi, que j’aimerais mieux être déchiré en pièces et démembré, que de suivre votre avis : et qu’il n’y a point de tourments que je ne voulusse endurer, plutôt que de sortir du monde, après avoir commis un si grand crime contre le témoignage de ma conscience.
Ceux-ci [les disciples de Luther], lorsqu’un point de controverse porte sur le sens de l’Écriture et que nous alléguons l’interprétation orthodoxe des anciens Pères, font entendre aussitôt cette chanson : c’étaient des hommes ! À qui leur demande par quelle preuve on peut connaître la vraie interprétation de l’Écriture, puisque des deux côtés il n’y a que des hommes, ils répondent : par le témoignage de l’Esprit. Si tu leur demandes pourquoi, plutôt qu’à eux, l’Esprit aurait fait défaut à ces autres hommes dont un certain nombre se sont même illustrés dans le monde en faisant des miracles, ils répondent comme si depuis mille trois cents ans il n’y avait plus d’Évangile dans le monde.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|