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Nous dirons seulement ici que celui qui a sept peuples ennemis à combattre, savoir, le Chananéen, le Cethéen, l’Amorrhéen, le Phérézéen, le Gergézéen, l’Evéen et le Jébuséen ; image des sept vices capitaux, doit prendre en main deux armes principales, qui sont la prière et la science.
Saint Paul, qui veut qu’on prie sans cesse, nous fait comprendre qu’il faut être continuellement armé. C’est par la pureté de la prière qu’on renferme toutes ses affections dans le ciel, et qu’on les y retranche comme dans une forteresse inaccessible à nos ennemis. Et c’est par la science qu’on munit son esprit de maximes salutaires. De sorte que la prière et la science doivent s’aider mutuellement. Elles s’empruntent réciproquement du secours, et se le donnent comme amies. L’une demande, et l’autre inspire ce qu’il faut demander. La foi et l’espérance font que nous prions avec ferveur, et sans douter, dit saint Jacques ; la science nous enseigne à prier au nom de Jésus, c’est-à-dire, à ne demander que des choses convenables à notre salut : aussi Jésus-Christ fit-il ce reproche aux enfants de Zébédée, vous ne savez ce que vous demandez.
Quoique la prière soit la plus excellente des deux, par rapport aux entretiens qu’elle fait avoir avec Dieu, la science ne laisse pas d’être fort nécessaire. C’est pourquoi je ne sais, si vous, qui voulez abandonner l’Egypte, pouvez avec assurance entreprendre un voyage si long et si difficile, sans prendre pour guides Moïse et Aaron. Celui-ci comme préposé sur les choses sacrées est la figure de la prière. Moïse comme législateur représente la connaissance de la Loi. Mais comme la science ne doit pas être imparfaite, ainsi la prière ne doit pas être lâche. Moïse soutenu de la prière combat les ennemis de Dieu, et en triomphe tant qu’il a les mains levées au ciel, comme au contraire, à mesure qu’il les abaisse il voit plier l’armée d’Israël.