A l'attention de Jean-Paul Parfu et de Luc Perrin par Scrutator Sapientiæ 2011-06-03 12:47:11 |
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Bonjour à tous les deux, et aux autres aussi, bien sûr.
Nous sommes en présence d'une notion à caractère juridico-politique ;
- ne l'angélisons pas, ou ne la diabolisons pas, plus que ne le permet la raison,
- ne l'associons pas au Magistère immédiatement antérieur au Concile, ou ne la dissocions pas du Magistère immédiatement antérieur au Concile, plus que ne le permet l'histoire,
d'autant plus que le vrai problème est peut-être ailleurs :
1. tout dépend d'abord du fondement que l'on donne à la liberté religieuse :
- est-ce un fondement avant tout radicalement et spécifiquement surnaturel et théologal,
ou
- est-ce un fondement avant tout libéralement, au sens de généreusement, connaturel et anthropologal ?
2. tout dépend ensuite de la vision que l'on en a :
- une vision permissive individualiste, chacun croyant en ce qui lui plaît ou en ce qu'il veut croire,
- une vision répressive totalitaire (on pourrait très bien concevoir qu'un Etat prescrive un jour la liberté religieuse la plus absolue qui soit, id est la liberté areligieuse),
- une vision théocratique autoritaire : imaginons des partisans de la liberté religieuse réservée, dans l'espace public, à leurs seuls coreligionnaires, et interdite, dans l'espace public, aux autres croyants,
- une vision théonomique, précisant ou rappelant quelle est la seule vraie religion, mais précisant aussi que tout homme, aussi attaché à une religion erronée soit-il, a le droit de bénéficier et le devoir de faire bénéficier les autres hommes de ce que j'appelle l'éthique de la maîtrise de soi et du respect d'autrui, y compris en matière religieuse.
3. Tout dépend, enfin, de l'usage que l'on en fait, et là, il faut bien le dire, la liberté religieuse est souvent utilisée comme un pavillon de complaisance, sous la bannière flottante duquel on véhicule la volonté de licence ou la volonté de puissance en matière religieuse, ce qui n'est pas du tout la même chose que ce que j'appelle la liberté responsable en matière religieuse.
Je prends enfin appui sur Alain JUPPE et sur Pierre BEREGOVOY ;
- il fut un temps, l'expression favorite du premier était : "il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain" ; j'ai la faiblesse de penser que c'est ce que l'on a fait au Concile, au moyen de formulations équivoques qui sont faussement libératrices pour presque tout le monde et qui ne sont vraiment responsabilisantes pour presque personne ;
- il fut un temps, l'expression favorite du deuxième était : "ce qu'une loi a fait, une autre peut le défaire" ; j'ai la faiblesse de penser que sur ce plan là, il y a un vrai problème : moi aussi, je connais et j'estime Domunus Iesus, mais c'est un document isolé, occulté, oublié, et qui comporte lui-même, à mon sens, un oubli majeur : l'articulation
- entre l'autorité de la véritable parole divine, dans l'ordre de la vérité religieuse,
- et la véritable autonomie de la personne humaine, dans l'ordre de la liberté, en matière religieuse.
Donnons raison, pour une fois, à AJ et à PB : le bébé a été jeté avec l'eau du bain, prenons-le au plus vite dans nos bras ; ce qu'une "loi", DH, a fait, a fort mal rédigé, une autre peut l'améliorer, le clarifier, le consolider, au moyen d'une correction de trajectoire argumentative et problématisante.
Enfin, posons-nous ou reposons-nous une question : Qui a vraiment voulu DH ? Qui en a été le principal inspirateur ? Quel est le contexte culturel qui l'a le plus influencé ? Par quelles concessions de pure forme est-il parvenu, au Concile, à ses fins ?
Nous comprendrons ainsi dans quelle mesure il y a conformité ou contradiction, entre la dernière formulation magistérielle de l'état de la question, sous Pie XII, et l'économie générale de DH, document qui, combiné avec NA, fait quelque peu "système".
Bonne journée.
Scrutator.
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