Le point sur lequel le père de Blignières appuie, hier comme aujourd'hui, toute son argumentation pour anatémiser la FSSPX est le fait que les consécrations sans mandat pontifical constitueraient une atteinte au droit divin et non au droit ecclésiastique – comme le soutient la FSSPX. Or le mandat pontifical n'a pas été exigé de tous temps et constitue une modalité imposée par les papes avec le temps, ce qui ne peut de ce fait relever du droit divin.
Certes le mandat relève du droit ecclésiastique et n’a pas toujours existé.
En revanche, ce qui est clairement de droit divin, c’est le consentement, au moins tacite, de Rome. Il n’est pas possible de sacrer contre la volonté explicite de Rome.
Il me semble donc que tout l’enjeu est là : Rome finira-t ’elle par donner ce consentement, même tacite et donc sans mandat (reste à voir comment formaliser ce consentement, question juridiquement complexe en raison du latae sententiae…), ou bien va-t-elle s’y opposer explicitement ?
Pour Leon XIV, l’enjeu est de taille : il a été élu pour faire l’unité entre catholiques et au-delà. Commencer son pontificat avec une excommunication et un schisme naissant serait un très mauvais signal pour lui, et pourrait même ruiner sa crédibilité à œuvrer à un œcuménisme ad extra, puisque visiblement déjà incapable de maintenir l’unité ad intra…
Plutôt que de laisser l’excommunication advenir, peut-être aurait-il intérêt à innover sur le plan canonique en trouvant une solution consistant de facto à consentir aux sacres, d’une manière ou d’une autre. Mais problème : il n’a pas non plus intérêt à créer un précédent qui pourrait être invoqué par d’autres (même si en réalité le précédent existe déjà avec l’exemple chinois).
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