La véritable question… par Signo 2024-11-02 21:41:08 |
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…qu’il faut se poser, à mon sens, est de savoir comment une révolution aussi radicale, choquante, comme la réforme de 1969, ainsi que son application encore plus inacceptable, a pu être acceptée aussi docilement par l’ensemble du corps ecclésial.
(Pour rappel, en comparaison, la réforme liturgique russe du XVIIe siècle, nettement moins radicale que la latine de 1969, a provoqué dans la seule Russie de l’époque une résistance de près de 3 millions de fidèles…)
Sur 2450 évêques pères conciliaires, seuls une poignée s’est opposée aux nouveautés les plus radicales, et 2 seulement on clairement refusé la réforme liturgique (même s’il faut relativiser dans le sens où elle ne concernait que l’Eglise latine… mais tout de même). Même chez les fidèles et le bas clergé le nombre d’opposants a été en définitive extrêmement faible si on se place à l’échelle de l’Eglise universelle. En fait, la réforme est passée comme une lettre à la poste, la résistance traditionaliste n’étant qu’un épi phénomène très circonscrit à certains pays.
Pour moi la clé de cet énigme se trouve, au moins en partie, dans la description que fait Bouyer du catholicisme pré conciliaire dans La décomposition. Évidemment il s’agit d’un pamphlet et pas d’une analyse rationnelle et scientifique. Mais je n’en pense pas moins que malgré certaines exagérations, le portrait qu’il dresse du catholicisme de l’époque a tout de même un fond de vérité. On ne peut pas comprendre ce qui nous arrive, c’est à dire un effondrement aussi spectaculaire et aussi rapide, sans admettre que le système était déjà profondément et structurellement vérolé bien avant le Concile, et indépendamment même de la problématique moderniste qui n’a jamais concerné que des cercles minoritaires.
Alors oui, Bouyer (qui je le rappelle a été et demeure aujourd’hui encore ostracisé par l’Eglise de France pour ses prises de position, mais qui est très lu aux États-Unis) a bien sûr des limites, ce n’est pas non plus un théologien de génie (même si personnellement il m’a énormément apporté), il n’en demeure pas moins un observateur d’une rare lucidité et dont l’œuvre, loin d’être « surévaluée » mérite d’être davantage connue et lue.
Et je vous confirme avoir énormément évolué (en partie grâce à Bouyer d’ailleurs) au point d’être aujourd’hui proche d’une communauté monastique issue de la mouvance FSSPX.
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