Ordinations vagues par Peregrinus 2024-11-01 12:25:45 |
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Je suis d'accord avec vous comme avec Nemo sur le fait que la multiplication des évêques auxiliaires est un abus, et qu'il y avait jadis des grands vicaires pour remplir le rôle qui aujourd'hui est dévolu sans vraie raison à des évêques. Il ne devrait à mon sens exister d'évêques auxiliaires que dans des cas exceptionnels (nomination d'un coadjuteur, administration d'une partie d'un diocèse qui se trouverait isolée, pour des raisons politiques par exemple, du reste du diocèse : c'était souvent le cas par exemple sous l'Ancien Régime pour la partie française du diocèse de Bâle).
En l'occurrence, il s'agit d'un abus très récent, qui n'a strictement rien à voir avec l'ecclésiologie tridentine.
Pour l'épiscopat, il ne devrait donc pas exister d'ordinations vagues. En revanche, pour la prêtrise, dans une Église qui depuis l'époque constantinienne a fondé des paroisses (ce qui me paraît tout de même une heureuse innovation) au lieu de se concentrer tout entière dans la ville épiscopale, les ordinations vagues sont inévitables. Je suis favorable dans l'ensemble à l'inamovibilité des curés, mais il reste que dans certains cas un curé doit pouvoir être déplacé, tandis qu'un prêtre peut exercer comme vicaire, comme professeur, comme prêtre habitué, etc. La mission est donc nécessairement distincte de l'ordination, comme elle l'a été depuis le début de l'Église : Notre-Seigneur a ordonné ses apôtres au soir du Jeudi saint, mais il ne leur a donné la mission qu'après la Résurrection. C'est donc que la juridiction n'est pas contenue dans l'ordination.
Je suis d'accord avec vous également quant à l'abus qui est fait des canonicats, question à laquelle je suis particulièrement sensible, et des titres cardinalices (je ne serais pas choqué pour ma part que l'on ne crée cardinaux que des prêtres romains, à condition bien sûr que le pape ne se prenne plus pour un curé universel). Dans le premier cas, l'abus est récent et n'a rien à voir non plus avec l'ecclésiologie ou la discipline tridentines. Il remonte à la rigueur, pour la France, à l'application du Concordat au début du XIXe siècle, qui a entraîné la prolifération des chanoines honoraires par suite du petit nombre des titulaires, souvent âgés, infirmes et par conséquent incapables de supporter la charge (physique) de l'office. Encore les chapitres conservaient-ils à cette époque leurs attributions canoniques essentielles, notamment sede vacante.
Vatican II n'a pas redécouvert une ecclésiologie patristique qu'elle aurait tenté d'ajuster à une discipline tridentine. Laurent Villemin, dans le livre déjà cité, avoue lui-même que le thème de l'Église comme sacrement, par exemple, est en réalité extrêmement rare chez les Pères. Et pour donner un exemple que je connais, la définition que Lumen Gentium donne du presbyterium n'a rien à voir avec celle que l'on trouve chez les Pères apostoliques ou chez saint Cyprien.
Peregrinus
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