Les prières au bas de l'autel étaient bien à l'origine des dévotions privées qui se sont petit à petit immiscées -illégitimement?- au début de l'époque moderne, dans la liturgie, sans pour autant être liturgiques stricto sensu.
C'est plus ancien. Elles fleurissent - je ne crois pas me tromper - au début du deuxième millénaire. C'est pourquoi, précisément, avant le Concile de Trente, on en trouve une quantité de version dans les divers usages diocésains ou religieux qui sont des déclinaisons diverses du rite romain devenu européen à l'époque carolingienne. On retrouve à peu près les mêmes prières d'un rite à l'autre, avec des versets de psaumes et le
Confiteor qui connaît de nombreuses variantes.
Vous dites que ce sont des dévotions privées qui se sont incorporées, il y a sans doute du vrai mais, toujours est-il qu'elles ont été assez vite codifiées : les premiers missels imprimés, au XVe siècle, les prescrivent.
En fait, il va de soi que le prêtre, avant de pénétrer dans le "Saint des Saints" en montant à l'autel, pour offrir la victime divine, le fasse avec crainte, confessant son indignité et préparant son coeur. Et, avec le temps, cette préparation s'est codifiée, donnant les prières au bas de l'autel actuelles. Si je comprends bien, vous préférez libérer le célébrant de cette contrainte, pour revenir à une plus antique (ou supposée telle) préparation silencieuse.
Faut-il aussi se débarrasser des collectes, secrètes et post-communions (dont beaucoup sont attestées dès l'époque du pape Gélase) ou les rendre facultative pour laisser le prêtre formuler les oraisons avec ses propres mots comme c'était le cas avant que la chose ne soit codifiée ?
Cela dit, le soucis de vouloir "épurer" le rite de la messe d'additions excessives n'est pas illégitime en soi. Je serais pour ma part assez favorable (mais il ne m'appartient pas d'en décider) à ce qu'on ne prescrive pas, par exemple, la récitation des prières dites "de Léon XIII" à la fin des messes basses.