Dogme = projection? par PEB 2011-09-16 16:53:12 |
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Derrière la notion de dogme, sait-on de quoi on parle?
Le dogme, étymologiquement, c'est un enseignement. C'est une expression définitive d'un aspect de la divinité et de nos rapports avec sa majesté.
C'est donc une opération descriptive donc projective. L'ineffable est présenté de manière simple et compréhensive aux fidèles. Le dogme est donc un signifié que dépasse le signifiant. Pensons à l'image bidimensionnelle d'un cube sur une feuille papier.
En fait, la réalité sous-tendue par le dogme est éternelle et immuable. Le bienheureux Pie IX est infaillible sur ce point: c'est le socle même du culte divin.
L'expression dogmatique peut et doit évoluer avec le langage. Les notions de volonté, de personnalité, de substance ne sont plus aussi limpide qu'il y a quinze ou seize siècles, si elles l'avaient déjà été! Les sciences de la matière, du vivant et de l'homme, la logique comme mathématique formelle (et donc exclue de la philosophie!) et les théories de l'information nécessitent un effort intellectuel comme jamais dans l'Histoire ne s'est présentés à nos docteurs et pasteurs. La Renaissance, à côté, ce ne fut qu'un amuse-gueule.
(Ne faudrait-il pas réviser la formation des séminaires pour y introduire la philosophie des sciences?)
Prenons garde à ne pas enfermer, comme dit si bien Le Torrentiel, le Verbe dans un formalisme abscons, incompréhensible à la limite du bavardage (l'amoncellement infini de sophismes). La dogmatique est faite pour l'homme et non pas le contraire. Le but des anathèmes n'est pas de brûler de l’hérétique mais simplement d'éviter l'errance du troupeau par un ou deux aboiements du chien fidèle. Le dogme doit mener à la rencontre avec Dieu à la bonne adresse comme celles de deux amis qui se connaissent.
A contrario, le dogmatisme pèche souvent par sa logique binaire alors que l'on pourrait s'y prendre autrement. La dialectique de la Foi et des oeuvres est typique. Elle repose sur celle de la volonté et de l'action, de l'être et du faire. Une logique non commutative affirmera prudemment que la Foi est dans les oeuvres et réciproquement. Tout dépend de ce que l'on veut observer: la Foi ou l'oeuvre. Une démonstration analogique pourra conclure que l'une peut cacher l'autre. Finalement, la dialectique devient indécidable. On est bien embêté? Non, car on peut voir les choses autrement. En logique non commutative, on aboutit à l'idée que la Foi et les oeuvres sont deux regards distinct et différents sur le salut d'une âme mais qu'on ne peut pas les voir précisément en même temps car elles ne relèvent pas du même mode de perception de la personne.
Le dogmatisme, c'est, finalement, du pharisaïsme qui est un péché contre l'Esprit particulièrement pervers qui repose sur une auto-satisfaction de l'intelligence. C'est celui du fils aîné de la parabole, qui est celui de la gnose au nom menteur.
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