La question du langage par PEB 2011-09-15 16:40:22 |
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Au fond, la question n'est pas dogmatique mais méta-dogmatique.
Qu'est-ce qu'un dogme? La réponse n'est pas si facile que cela.
Admettons, pour simplifier, qu'il s'agisse de la proclamation sûre et authentique du mystère divin. Cet angle de vue pose divers problèmes:
- linguistique: L’énoncé du dogme utilise un langage humain limité
- méta-linguistique: L'énoncé repose sur les catégories anthropologique et philosophiques du locuteur. De fait, nous percevons que les présupposés, préjugés et pétitions de principes réduisent l'absolu à la contingence dudit locuteur.
- subjectivité: Qui parle?
- autorité: D'où parlé-je?
- réception: A qui parlé-je? Qui me parle? Les catégories du locuteur sont elles conformes à celle de l'interlocuteur?
- objectivité: De quoi parle-t-on?
On peut penser que de nombreux schisme reposait sur des malentendus. Un Grec ne pense pas exactement comme un Chaldéen. Un Latin n'entend rien aux querelles byzantines. Sans parler des néo-platoniciens et des tenants d'Aristote.
La richesse et la difficulté du thomisme est que le docteur angélique appartient au Lycée. Certaines idées de cet école de pensée restent puissantes mais d'autres sont sans doute à relativiser compte tenu du développement du savoir. Mais plus que cela, le thomisme ne peut être l'expression définitive de la Foi. L'orthodoxie ne doit pas dépendre d'Athènes mais de Jésus-Christ!
Le préambule doctrinal (non dans son contenu mais dans son existence) pose aussi la question de l'hétérodoxie et de la place de ses sectateurs dans l'Eglise. Cette dernière se distingue de l'hérésie en ce qu'elle propose une expression alternative du dogme sans en remettre en cause le principe essentiel sinon les fondements de la Révélation.
La pluralité d'interprétations possibles est un des enjeux de notre modernité. Les cadres de réflexion et d'expression ne sont pas nécessairement commutatifs. Il s'en suit des zones d'ombres (Heisenberg parlerait d'indétermination des observables) et d'incompréhension mutuelle.
Pourquoi ne pas admettre que dans la transmission et la dispute théologique l'existence de ces espaces incertains sinon de vérités indécidables (le logicien Gödel a démontré l'existence de propositions vraies mais non démontrable en mathématique).
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