sophismes et vraie critique par Réginald 2025-09-10 14:44:07 |
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1. Sur l’intention supposée des novateurs
On affirme parfois que les artisans de la réforme liturgique auraient voulu « fabriquer une autre théologie de la messe ». Cet argument est fragile. Les intentions personnelles ne font pas loi dans l’Église : ce qui oblige, c’est le texte promulgué. Or, dans le missel de Paul VI, pas une seule ligne n’enseigne une doctrine contraire à la foi catholique. Si la lex orandi avait basculé dans un sens non catholique, cela se serait immédiatement reflété dans l’enseignement du Magistère. Or c’est exactement l’inverse qui s’est produit : les papes n’ont cessé de rappeler la doctrine de toujours. Paul VI lui-même (Mysterium fidei), Jean-Paul II (notamment dans Ecclesia de Eucharistia), puis le Catéchisme de l’Église catholique, Benoît XVI, et aujourd’hui Léon XIV (par exemple lors de la procession de la fête Dieu), ont tous enseigné la même lex credendi : la messe est sacrifice, actualisation du Calvaire, présence réelle et substantielle du Christ. Et tous ont célébré le nouveau rite. Comment dès lors justifier l’idée d’un hiatus, quand le principe « lex orandi, lex credendi » garantit précisément l’unité entre la foi proclamée par le Magistère et la liturgie célébrée par l’Église ?
2. Sur l’argument de l’effet cumulatif
Un autre argument consiste à dire : « chaque innovation prise isolément n’est peut-être pas problématique, mais toutes mises bout à bout révèlent une volonté de rupture ». C’est un raisonnement spécieux. Additionner des changements légitimes n’aboutit pas magiquement à une hétérodoxie. Si aucune prière, aucun rite, aucun geste n’est en soi contraire à la foi, l’ensemble ne peut pas l’être non plus. En réalité, l’argument de l’effet cumulatif relève d’un sophisme de composition. Si chaque changement est légitime en soi, l’ensemble ne peut pas soudainement devenir hétérodoxe. C’est comme en musique : si chaque note est juste, l’accord ne peut pas être faux. En revanche, l’ensemble peut manquer d’harmonie, de richesse ou de profondeur. Voilà où se situe le vrai problème du NOM : non pas dans une rupture de la foi, mais dans un appauvrissement symbolique et cultuel, qui fait que la partition reste vraie, mais sonne pauvre et et parfois même, hélas, disharmonieuse.
3. Sur le vrai terrain de la critique
La conséquence est claire : on ne peut pas critiquer le missel de Paul VI au nom d’une prétendue rupture doctrinale, car la foi de l’Église y est intégralement présente. En revanche, il est légitime de formuler une critique sur un autre plan : celui de l’appauvrissement symbolique et cultuel, de la rationalisation excessive qui a parfois écrasé le langage symbolique, et de la perte du sens du sacré dans la pratique. C’est là que le débat doit se placer. Le NOM n’est pas une hérésie liturgique, mais il est marqué par une faiblesse culturelle et spirituelle dont les fruits se font sentir encore aujourd’hui.
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