Tout le monde reconnait ... présupposé bien naïf par Johanis 2024-04-23 10:27:49 |
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La moindre des choses serait que cette distinction entre droits civils et droits religieux internes à l'Eglise soit faite, ce qui n'est pas le cas ; on reproche au processus ecclésial indistinctement toute une supposée injustice à la base de laquelle il y a l'exclaustration de la soeur. Il est très naïf de croire que l'état français si laïciste ne traque pas le "séparatisme" présumé, renvoyant les droits religieux spécifiques à la sphère de la croyance privée. Faut-il rappeler que c'est à propos d'une certaine loi contre le séparatisme que ce terme, allégué ici, est apparu et que dans cette loi on a nié le droit des parents à faire l'école à la maison ? De même prétendre qu'il y a un ordre judiciaire propre à la vie de l'Eglise est insupportable à l'esprit laïciste régnant et se renforçant.
On se réfère dans ce débat beaucoup à l'article paru dans le Monde de François Sureau, avocat, académicien et ... catholique. Ci-dessous j'en cite un passage. Il y revendique le droit pour les tribunaux civils de juger de la violation "des droits individuels des adhérents" (de "l'association" ecclésiale). Or, désolé, mais le droit d'appartenir à une Congrégation est un droit individuel, mais qui relève de la théologie et du droit canon et pas du droit civil. Vous ne trouverez pas de mention dans son article d'un type de décision dans "l'association" qui ne pourrait être jugé par le tribunal quant à sa conformité aux "droits individuels". Dans ce même article il est significatif qu'il soit fait référence au statut de la femme dans l'Eglise, contre lequel assurément, en particulier à cause des restrictions quant aux ministères la France laïque a beaucoup à reprocher au nom des droits individuels.
Il est bien naïf (et contraire aux faits) de penser que "Tout le monde, ou presque, est d’accord sur le fait que l’Etat ne peut juger sur le fond de l’expulsion de la religieuse en question".
Ensuite, le tribunal a prétendu juger de la validité du processus ecclésial de décision soulevant la question de l'effectivité d'un mandat pontifical, du lien d'amitié qui aurait fait perdre au Cardinal son objectivité dans ce procès. Il s'agit de la forme, mais de la forme de l'exercice de la justice canonique et ça ne relève pas de ses compétences.Et lorsque ce tribunal civil prétend ainsi déterminer la validité d'une sentence canonique, il s'agit d'abord de la sentence portant sur l'exclusion.
Citation de François Sureau :
"On ne voit pas en quoi la condamnation civile ... d’une personne ayant mal agi pourrait constituer une atteinte à la liberté de conscience : cela conduirait à dire que la hiérarchie d’une association relevant de la loi librement formée pourrait violer les droits individuels des adhérents sans qu’il soit possible à la juridiction civile d’y faire obstacle. Le Vatican serait-il sur la voie du séparatisme ? Cette position de défense d’une sorte de « charia romaine » supérieure est intenable."
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