En dehors de l'Eglise, vous voyez beaucoup de tenants de la chose ? par JVJ 2022-11-12 18:26:28 |
|
Imprimer |
Et parmi les médiévistes ?
Je n'ai pas parlé de fous, mais de militants d'une cause qui tourne au scientisme.
Il va falloir expertiser la tunique de saint Louis, la coule de saint Guillaume de Bourges (c'est fait par l'Etat, mais j'imagine que cela ne vous conviendra pas...), le Voile-chemise de la Vierge de Chartres...
Et puis de grâce, noyautez wikipedia ! Puisque ce qui s'y trouve est souvent le résultat d'un rapport de forces ou d'une incompétence insigne (en héraldique pontificale avant la fin du XIIIe s., par exemple).
En France, il y a tout de même quelques spécialistes des tissus et des broderies, mais à ma modeste connaissance, aucun n'est directement d'Eglise. L'Eglise se contente depuis soixante de mettre les tissus liturgiques à la poubelle ou dans les combles, encore en 2022. Le LRMH est tout de même compétent, plus que les salons moelleux polyglottes où l'on parle des Evangiles, une coupe de Champagne à la main, ainsi via dei Condotti...
Vous devriez visiter le LRMH, ce n'est pas loin de Paris, du moment que vous êtes accompagné par qui en a le droit. Longtemps la fille d'André Frossard le dirigea. Une fieffée athée par parenthèse, indigne de son père. Puis ensuite vous allez à la BM et demander audience à son directeur, un des spécialistes des Bonaparte.
Je renonce pour ma part à comprendre quoi que ce soit au mode de tissage et de broderie, même pour la paramentique. Cela me fatigue de jouer au tricot et je sais à qui demander en cas de besoin...
Le suaire est un suaire parmi d'autres (au XVe s. on était timbré à ce point que de laisser aligner des dizaines de suaires un peu partout ? celui de Cadouin avait plus d'aura que celui de Lirey et de St-Hippolyte, rebelotte : qui est allé dans ces deux collégiales pour "sentir" le lieu qui hébergea cette insigne relique ? moi, oui, et pas qu'une fois). Le suaire est un objet de dévotion, ni plus, ni moins, comme les saintes Larmes ou les saints Prépuces dont vous ne voulez pas entendre parler...
Les papes n'ont jamais voulu mettre la main sur ce tissu pendant six siècles ? C'est fou. Ni le roi de France pour sa Sainte-Chapelle.
Déjà Plutarque je crois voyait des visages dans la lune, Fontenelle en parle pour en rire... Des Marocains croient voir aussi le visage de leur ancien roi. On ne prête qu'aux riches. Des musulmans ne veulent pas manger de tomates, car on y voit une croix.
Dites-vous aussi que des batteries de gens, même ici, sont gênées par votre apologétique et le coup de l'appareil photo... Mais elles ne le diront pas pour ne pas subir les foudres de la doxa.
Le spiritisme n'est pas très loin dans ces conditions quand on pensait que la photo allait nous faire retrouver des personnes disparues.
Une question bête ? Ceux qui sont des tenants de la relique directe du Christ, êtes-vous au moins allé une fois à Turin si c'est si important ? Je connais une route par la Maurienne. Ou alors n'avez-vous qu'une approche livresque ou informatique de la chose ? Pour un Français, Turin est la porte à côté. Faut savoir ce que l'on veut. Je sais des dévots français de Jeanne qui ne sont jamais allés à Bermont, Domremi et Rouen, ou qui n'ont jamais mis un cierge devant la tombe du cardinal Touchet. Faut oser.
Ils sont un peu comme moi avec les Islandais. Culture livresque, mais point de dévotion réelle.
Anecdote de cet après-midi, tout ce qu'il a de plus vrai. Le ciel m'est témoin que je n'invente pas.
Me vêtant pour aller au jardin, mon petit garçon me fait remarquer que le derrière de mon pantalon en velours kaki posé sur la chaise présentait des rayures étranges (un fuselé en bande, pour être précis, à la manière des armes de Bavière !).
Je m'interroge deux secondes, car je n'avais pas le souvenir de m'être assis dernièrement sur un moule à gaufre chaud (froid, oui, mais pas chaud).
Et je cherche...
Puis, fiat lux.
Je revenais de la terrasse où je lisais un ouvrage sur les sépultures princières du XVe s., assis sur une chaise en fer...
Et comme ma pesanteur exerça une légère pression sur le siège qui n'est ni gestatorial ni strectoral..., j'ai imprimé (comme disent les jeunes).
Si vous me dites que Vigano prépare un livre sur le suaire de Turin, là, je m'incline.
Et je respecte beaucoup M. Petitfils, qui est un homme affable. Simplement on ne peut parler de tout dans la vie à un haut degré de compétences. Et on ne s'attaque pas à une biographie du Christ sans être spécialiste de la période. Pour un auteur tradi, père d'un clerc tradi je crois, c'est quelque peu culotté.
Vous allez me faire citer le compte-rendu de l'abbé Puga ! Mais ce dernier m'amuse quand il peste, comme au bon vieux temps, contre les gens remarquables de l'Ecole Biblique de Jérusalem...
Un auteur dont la biographie de Jésus est si contestée, par des universitaires, pas par des vicaires, ne peut se refaire une virginité christique en faisant une synthèse sur le suaire de Turin.
Morceau choisi de l'abbé Puga :
"Le procès devant Ponce-Pilate ? Sur le plan historique affirme l’auteur, « il n ‘y a aucune certitude que les événements se sont passés comme Matthieu les rapporte » ; (p. 350). Et bien sûr Jean-Christian Petitfils, pour ne pas aller à l’encontre de la pensée dominante contemporaine, n’hésite pas à déclarer que les paroles des Juifs réclamant sur eux la responsabilité du sang qui va être versé (paroles qui selon lui n’ont probablement pas été prononcées !) « vont nourrir chez les chrétiens un antijudaïsme, une haine des Juifs comme peuple déicide, que rien, absolument rien ne justifie. Elles vont servir de prétexte à des siècles de meurtres, de pogroms et d’incompréhension » (p. 350). Trois fois l’auteur réaffirme cela dans son ouvrage".
Et si cette phrase a été bien prononcée, elle contredit un peu l'intérêt porté au suaire.
"Et l’auteur de conclure : « C’est ici au tombeau vide que s’arrête l’Histoire et que commence la Foi. L’historien sans s’engager sur la résurrection de Jésus ne peut à partir de ce moment qu’enregistrer les témoignages, les confronter » (p. 432)".
Pourquoi cet homme aurait-il plus de titre à écrire une biographie que le détestable Jacques Duquesne ?
Quand on regarde une bibliographie d'un auteur qui a dépassé les 60 ans, on peut honnêtement à peu près voir de quoi il est le spécialiste et dans quel type de support il publie.
Max Gallo m'était très sympathique à la fin de sa vie, mais je préférais l'entendre sur France culture le dimanche à 11 h, plutôt que de lire des livres que par ailleurs il écrivait à plusieurs mains.
Si vous voulez ses bouquins dont j'ai hérité de prêtres (dont des volumes sur les premiers chrétiens), je vous les envoie. Je ne le lirai pas et je protège ma descendance de ces choses. J'ai lu en revanche avec intérêt deux livres d'entretiens sur le tard de Gallo. Il faut voir sur youtube le rouge athée qu'il était chez Pivot face à Ardisson en 1989...
Il ne faudrait pas contredire Y. Chiron, JC Petitfils,... Qui d'autres encore ?
Si la RHE ou les revues bibliques n'ont pas donné de compte rendu, c'est qu'il en était comme de la biographie de Mgr Lefebvre par Levillain : c'était mauvais, on reste poli, on ne perd pas de temps (et on ne se fait pas d'ennemi, pour le dernier...).
Le Biblicum a-t-il invité votre auteur ?
Ce n'est pas un repère de gens obtus.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|