Il faudrait un autre fil. par Yves Daoudal 2018-11-23 18:47:51 |
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Parce que ça n’a rien à voir. La contraception relève de la théologie du corps, comme disait Jean-Paul II, cela touche à l’ontologie humaine, alors que le prêt à intérêt est une question de morale économique et sociale.
Je considère que l’Eglise a eu tort d’abandonner la condamnation du prêt à intérêt, et je l’ai écrit plusieurs fois. Elle l’a fait parce déjà du temps de Vix pervenit il était complètement généralisé, et que la hiérarchie catholique n’a jamais rien fait pour développer une finance catholique sans prêt à intérêt. Et aujourd’hui il y en a qui s’ébahissent de voir que la finance islamique est sans intérêts. C’est que l’islam, prenant au sérieux la condamnation du prêt à intérêt dans la tradition juive dont il est dépendant, a inventé une finance moderne sans intérêts. La preuve que les chrétiens auraient pu le faire est qu’il existe en Suède une banque qui fonctionne ainsi (JAK), et fonctionne très bien.
Il est intéressant de voir que Benoît XVI, dans Caritas in veritate, reprend presque mot pour mot une phrase de Vix pervenit, « Si l’amour est intelligent, il sait trouver même les moyens de faire des opérations qui permettent une juste et prévoyante rétribution », et il donne l’exemple d’organismes où le taux d’intérêt est secondaire, comme le « crédit coopératif », la microfinance, et surtout les Monts de Piété (qui s’appellent aujourd’hui chez nous « crédit municipal ») : « Je pense surtout à la création des Monts de Piété » qui, eux, prêtent bel et bien sans intérêt.
On a noté l’insistance de Benoît XVI, dans cette encyclique, sur la « gratuité ». Le mot s’y retrouve dix fois, et ce n’est jamais anodin. « La cité de l’homme n’est pas uniquement constituée par des rapports de droits et de devoirs, mais plus encore, et d’abord, par des relations de gratuité, de miséricorde et de communion », dit-il dès l’introduction. De ce fait, « dans les relations marchandes, le principe de gratuité et la logique du don, comme expression de la fraternité, peuvent et doivent trouver leur place à l’intérieur de l’activité économique normale ». Et il insiste assez longuement sur ce thème. La gratuité et l’usure, ce sont deux réalités complètement opposées. Entre Benoît XVI et Benoît XIV il n'y a pas grande différence...
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