Malgré, mon "intelligence perturbée", je vais m'efforcer de répondre à certains points de votre message.
le refus absolu d'avoir des enfants, fût-ce en recourant toujours aux périodes infécondes, est moralement inacceptable. C'est même au point que la volonté de ne pas avoir d'enfant rend le mariage invalide.
En effet, le dominicain qui prêchait lors de notre retraite de préparation au mariage racontait comment il avait interrompu net la préparation d'un couple qui lui avait confié ne pas vouloir d'enfant. Il avait ensuite évoqué la question du mariage de Marie et Joseph et des mariages josephins qui ont cherché à l'imiter tout au long de l'histoire de l'Eglise. Et bien il admettait à demi-mots que la distinction inventée par les théologiens pour dire que l'un était valide et l'autre non était plus que byzantine. Car le mariage de la Sainte-Famille (qu'on pourrait qualifier avant la lettre de "scandale pour les juifs, folie pour les païens"), qu'on le veuille ou non, est un vrai casse-tête de ce point de vue. Mais fermons cette parenthèse qui ne regarde qu'indirectement la question qui nous intéresse.
Bricoler sa fécondité n'est en rien comparable à faire cuire de la viande.
Encore une fois, c'est affirmé (et ça l'est par l'autorité pontificale, ce qui n'est pas rien je vous l'accorde). Mais pour moi ce n'est pas démontré.
De plus, il semble ne pas voir la différence entre le naturel et l'artificiel : celui-ci commence en effet dés qu'il y a "artifice", c'est à dire action de l'homme.
J'ai en effet du mal à faire la différence entre le fait de jeter quelqu'un du haut d'une falaise et le fait de le déposer endormi au milieu de la baie du Mont Saint-Michel à marée basse en sachant que la nature fera son oeuvre dans quelques heures.
Je constate aussi que les arguments symboliques que j'ai exposé sont ignorés par ceux qui me répondent
Si je les ignore, ce n'est pas que je ne veuille pas voir la beauté et la richesse de cette lecture symbolique des sacrements, c'est que je ne vois aucun lien de cause à effet entre cela et la question morale qui est disputée ici. Excusez moi de le dire comme cela (c'est très trivial) mais pour moi c'est un argument de campagne publicitaire. On fait une affiche avec une personne magnifique dans un cadre superbe pour marquer l'esprit du futur consommateur, qui en déduira peut-être que la doudoune portée sur l'affiche est forcément de bonne qualité, puisque la photo est très belle.
Quant à un changement au sujet de la liberté religieuse, l'affirmation est plus que contestable.
Dignitatis humanae demande que "en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres". Allez dire à un juif ou à un protestant que l'Eglise a toujours défendu cela et s'est opposée aux Etats qui ont imposé des contraintes aux minorités religieuses. Allez expliquer que demander l'appui du pouvoir temporel pour combattre les hérésies était conforme à la doctrine qui sera exposée dans
Dignitatis humanaeEt le meilleur pour la fin :
raisonner sur le beau, le vrai et le bien
puis :
Turlure à l'appui de ses dires invoque un argument salace
Avez-vous lu le message de Meneau auquel je répondais alors qui énumère toutes les conditions pour que l'acte sexuel soit accompli moralement. J'admets tout-à-fait qu'il le fasse pour mettre les points sur les "i" mais me reprocher d'être salace et de refuser de raisonner sur le beau, le vrai et le bien, c'est un peu se foutre du monde.
"Qui vous écoute m'écoute, qui vous rejette me rejette"
Humanae vitae est une encyclique,
Amoris laetitia (que je n'ai pas encore lue) en est une autre. J'ai ainsi l'impression que les liseurs qui me répondent n'appliquent pas forcément à eux-même ceux qu'ils me recommandent.
Pour terminer, même si l'échange est un peu vif, croyez je vous prie à mon amitié et à mon profond respect pour votre état Monsieur l'Abbé.
