Je peux toujours vous rappeler la réponse de saint Jérôme... par Vianney 2016-01-26 18:57:07 |
|
Imprimer |
...tirée de son Altercatio Luciferiani et Orthodoxi (§ 15) :
“Peut-être invoqueront-ils en leur faveur la sentence consignée dans l'Evangile : « Lorsque le Fils de l'homme viendra, pensez-vous qu'il trouve encore de la foi sur la terre ? » Luc. XVIII, 8. Qu'ils sachent que la foi dont il est ici question est celle dont le Seigneur lui-même disait : « Ta foi t'a sauvée » Matth. IX, 22 ; et dans un autre endroit à propos du Centurion : « Je n'ai pas trouvé une aussi grande foi dans Israël » Matth. VIII, 16 ; ailleurs encore parlant aux apôtres : « Pourquoi craignez-vous, hommes de peu de foi ? » Luc. VII, 9 ; dans un autre passage enfin : « Si vous avez de la foi comme un grain de sénevé, vous direz à cette montagne : Sors de là, et elle en sortira. » Matth. XIV, 31. Ni le centurion, ni cette pauvre femme qu'une perte de sang épuisait depuis douze ans, ne croyaient au mystère de la Trinité, puisque les mystères de ce genre ne furent manifestés aux apôtres qu'après la résurrection du Christ. Ce n'est donc pas la foi dont ces mystères sont l'objet, qui pouvait être louée chez eux ; c'est la simplicité de l'âme, c'est la sincère affection pour Dieu que le Sauveur approuve : « Cette femme disait en son cœur : Si je puis seulement toucher son vêtement, je serai sauvée. » Matth. IX, 21. Telle est la foi que Dieu déclare se trouver rarement. Telle est la foi que les vrais fidèles possèdent eux-mêmes difficilement dans toute sa perfection. « Qu'il te soit fait, ajoute le divin Maître, selon ta foi. » Voilà certes une parole que je ne voudrais pas entendre ; car, s'il m'était fait selon ma foi, je serais perdu. Je crois cependant en Dieu le Père, je crois en Dieu le Fils, je crois en Dieu le Saint-Esprit, je crois en un seul Dieu ; et pourtant je ne veux pas qu'il me soit fait selon ma foi. Bien souvent, en effet, l'homme ennemi survient, et sème l'ivraie dans la moisson du Seigneur. Si je parle de la sorte, ce n'est pas qu'il y ait quelque chose au-dessus du mystère de la foi, au-dessus de la pureté de l'âme ; c'est qu'une foi inébranlable en Dieu n'est facile à trouver. Prenons un exemple pour rendre plus clair ce que nous disons : j'assiste à la prière ; je ne prierais pas si je ne croyais ; mais si je croyais d'une foi bien sincère, je purifierais ce cœur par lequel on peut voir Dieu, je frapperais ma poitrine, les larmes ruisselleraient sur mes joues, un saint frémissement parcourrait tout mon corps, la pâleur se répandrait sur mon visage, je resterais prosterné aux pieds de mon Seigneur, je les baignerais de mes larmes, je les essuierais de mes cheveux, je m'attacherais au tronc de la croix, et je ne lâcherais pas prise que je n'eusse obtenu miséricorde. Au lieu de cela, fréquemment dans ma prière, je me promène sous les portiques romains, je me livre à des calculs intéressés ; entraîné même par des pensées honteuses, je porte en moi ce que je n'oserais pas même dire. Où donc est la foi ? Est-ce ainsi, pensons-nous, que Jonas priait, et les trois enfants dans la fournaise, et Daniel au milieu des lions, et le larron sur la croix ?”Un beau sujet de méditation, ne trouvez-vous pas ?
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|