JD, réciteur invétéré de chapelet à la messe.
J'avoue que vous m'étonnez quelque part, cher M. Daly, mais j'approuve.
La récitation avec méditation du chapelet est tellement inépuisable qu'avec un peu d'expérience et d'adresse on peut l'appliquer avec de bons fruits en la distribuant sur tous les moments clefs du Saint Sacrifice.
Mais je ne vous apprends rien, bien sûr.
Personellement, je dois dire que je suis et je reste cloué aux textes, même si je connais l'ordo missae, et notamment le canon, et beaucoup d'épîtres et d'évangiles par coeur depuis bien des années. J'utilise régulièrement un Missel d'autel, mais de voyage, un petit quarto (je vois assez mal), une impression superbe, avec des lettrines, de Pustet.
Je me perds en méditant les belles clausules et la cadence de la prose rythmique qui caractérisent les prières du canon (d'un latin très classique, comparé avec d'autres parties du missel, mis à part les collectes, qui sont souvent de petites perles) et j'ai tendance à taxer la qualité latiniste du célébrant par rapport au rythme avec lequel il arrive à réciter labialement ce que je lis mentalement. Il ne devrait jamais arriver à la fin avant moi.
Je dois dire que dans nos chapelles paléotes, je veux dire: "coincées avant 1955" comme dirait quelqu'un, je suis plutôt gâté: une messe basse bien dite, non massacrée, dépasse toujours largement 35 minutes; j'ai vécu, hélas, autre chose dans le passé dans d'autres communautés "tradies", plus en phase avec la version "light" et galopante du missel jansénisant de Jolly John.
Ainsi, une bonne prononciation est aussi importante (peu importe si elle est anglaise, italienne ou allemande), cela permet de suivre, avec un peu d'expérience, les parties dites à haute voix en fermant le missel. Et cela n'empêche pas de continuer la méditation du chapelet.