Toutefois, que faut-il penser des condamnations fulminées par tel ou tel contendant (et tout particulièrement le véhément Urbain VI) à l'encontre des tenants de l'obédience adverse ? Dans l'hypothèse où le pontife qui les aurait fulminées aurait été vrai pape mais douteusement pape, ces condamnations n'auraient-elles pas été valides ? Douteuses alors dans leur caractère normatif (car émanant d'un pape douteux), mais valides cependant sur le fond (car émanant toutefois d'un vrai pape) ?
Trois hypothèses :
1. Comme je l'ai remarqué hier, il est possible de soutenir que l'élection et la papauté d'Urbain VI lui-même étaient valides
et certaines et que le doute inguérissable serait survenu seulement pour ses successeurs. Dans cette hypothèse les condamnations dont vous parlez seraient valides et justifiées.
2. Dans l'hypothèse de la validité de l'élection d'Urbain VI mais du caractère objectivement douteux de sa papauté, les condamnations seraient valides mais excessives et injustes, bien que compréhensibles.
3. Dans l'hypothèse de l'invalidité de l'élection d'Urbain VI les condamnations seraient invalides.
Or, à mon avis, il n'y a que la deuxième hypothèse qui présenterait une difficulté. Mais cette difficulté est-elle réelle ? Condamnation injuste de particulier(s) par un pape s'appuyant sur un renseignement inexact mais auquel il croyait de bonne foi. Est-ce plus difficile à accepter pour notre foi que la condamnation du pape Formose, avec invalidité de tous ses actes et ordinations, par Étienne VII son successeur ?
Je vous souhaite un bon rétablissement de votre maladie et des séquelles de vos médicaments.
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