Bien sûr que si! par Signo 2019-11-03 15:36:04 |
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Il faut se remettre dans le contexte de l'époque: on est après la parution de Sacrosanctum Concilium qui enseigne que le chant grégorien est le chant PROPRE de la liturgie romaine; autrement dit: il est un élément constitutif de la liturgie romaine et non une forme de chant parmi d'autres. Sans le grégorien, la liturgie romaine est comme amputée, elle n'est pas mise en oeuvre dans sa plénitude. C'est le sens des enseignements liturgiques de Vatican II. A Rome à l'époque, il n'est pas question de chanter autre chose que du grégorien. On est dans la droite ligne de Dom Guéranger et de saint Pie X, au moins sur ce point.
Le grégorien est tellement consubstantiel à la réforme liturgique qu'il ne fut jamais remis en cause à Rome par la suite, même par Mgr Marini (le premier du nom, cérémoniaire de S. Jean-Paul II) qui pourtant avait des options liturgiques plus que contestables et pas toujours très traditionnelles. Même l'indifférence voire l'hostilité du pape actuel à la liturgie traditionnelle n'a pas suffit à écarter le grégorien des grandes célébrations papales au cours desquelles, même sous l'actuel pontificat, on continue toujours de chanter une grande partie voire la totalité du propre en grégorien.
Le seul autre type de chant évoqué par le Concile est le chant sacré polyphonique, mais Vatican II ne le place pas sur le même pied d'égalité que le grégorien et il ne s'agit donc que d'une tolérance.
Donc je ne sais pas sur quoi vous vous fondez pour affirmer que ce texte parle d'autre chose que du grégorien. De toute façon, le seul fait de parler de propre et d'ordinaire rattache ce texte du Concilium à une conception traditionnelle de la liturgie, en opposition frontale avec ce qui se fait dans nos paroisses ordinaires diocésaines dans lesquelles on ne parle plus de "propre" du tout et depuis longtemps (90% des prêtres et des fidèles ne savent même plus ce que c'est) et que l'ordinaire lui-même est à peu près partout très maltraité et déformé.
Il est vrai qu'avant le Concile et la réforme liturgique, le propre grégorien de la messe n'était déjà plus chanté que dans les paroisses des grandes villes et dans quelques régions rurales très ferventes à forte tradition chorale (Alsace par exemple). Partout ailleurs, on ne chantait déjà plus que des cantiques en vernaculaires ou latin à la place du propre (souvent d'ailleurs pour des raisons de moyens: dans beaucoup de campagnes modestes, les paroisses n'avaient pas de chantres et donc pas de schola suffisamment compétentes).
Je ne comprends pas pourquoi vous vous acharnez à affirmer que la réforme exclut le grégorien alors qu'en tant que catholique traditionnel vous avez tout intérêt à souhaiter qu'elle le promeuve... ce qui est de tout évidence le cas, comme je l'ai démontré.
La vérité -quel paradoxe!- c'est que ce sont les paroisses où est célébrée la messe de St-Pie V qui appliquent le plus fidèlement les enseignements du Concile, à savoir: la première place donnée au grégorien, un peu de polyphonique en complément, enfin à la marge des cantiques en vernaculaire.
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