Vaine critique par Signo 2019-09-16 20:45:28 |
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Votre commentaire transpire la mauvaise foi.
Dans la première phrase que vous citez, je ne ressens aucun mépris pour le peuple mais bien au contraire une profonde sympathie. D'ailleurs les expressions employées ("gens simples") étaient probablement courantes à l'époque.
La deuxième phrase décrit bien une réalité puisque effectivement à l'époque on dissociait la communion de la messe (ce qui encore une fois est une profonde erreur liturgique, totalement anti-traditionnelle). D'ailleurs, jusque dans les années 1960, on ne communiait que rarement à la messe chantée. Les quelques fidèles pieux qui désiraient communier le faisaient tôt le matin au cours d'une messe basse, puis retournaient à l'église pour assister à la messe chantée mais sans communier (témoignages de membres de ma famille). Il n'est pas du tout étonnant qu'au début du siècle on dissocie complètement la communion de la célébration de la messe.
Je précise que je ne sais pas qui est ce Dom Botte dont je n'avais jamais entendu parler. Je n'ai donc pas de sympathie spéciale pour lui. En tout cas ce témoignage ne me paraît certainement pas anecdotique et me paraît au contraire bien refléter l'ambiance de l'époque; il confirme bien d'autres témoignages que j'ai lu (sur ce forum d'ailleurs) sur cette époque.
Je suis désolé mais les dévotions privées n'ont de place dans la liturgie que dans la mesure où elles contribuent à s'unir d'avantage au Mystère qui s'accomplit sur l'autel (vous aurez remarqué que si cette condition est remplie je ne les exclus pas complètement...). Sinon elles sont à exclure radicalement. La Messe est la Messe, le chapelet est le chapelet. On ne peut pas être au four et au moulin. Sauf, bien évidemment, si le four est sur la route du moulin...
Là ou en revanche je vous rejoins totalement, c'est sur le fait qu'aujourd'hui en réalité on retrouve les mêmes défauts sous une forme certes différente. En particulier le "minimalisme tridentin", avec ses critères juridiques minimums de validité qui petit à petit conduisent à se contenter sans cesse du "moins-disant" liturgique. C'est ce qui explique le fait que c'est la messe basse qui devient à partir du bas Moyen-Age et plus encore à partir du XVIe siècle la forme normative de la liturgie (au point qu'avant le Concile on célébrait des messes basses... même pour des ordinations, ce qui est un comble!). L'esprit de la modernité (dont toute la réforme tridentine est imprégnée) n'aime pas les grandes liturgies solennelles chantées, considérées de plus en plus comme une perte de temps et un faste lourd et inutile. C'est l'époque de gloire des jésuites, avec leur spiritualité sèche, très portée sur l'introspection et caractéristique de la devotio moderna. Or ce "minimalisme tridentin" a survécu d'une certaine manière dans les liturgies progressistes d'aujourd'hui, dans lesquelles, tout comme avant le Concile, on se contente du minimum (messes sans chasubles célébrées à la va-vite devant des fidèles toujours aussi passifs et étrangers au mystère), avec cette fois cette (importante) différence que le rite a quasiment complètement disparu. Quoiqu'il en soit, les liturgies misérabilistes post-Vatican II ne sont que le stade terminal d'un long processus de décadence de la liturgie en Occident qui a commencé, non pas dans les années 1960, mais au XVIe siècle au moins, et qui très probablement plonge ses racines plus loin encore (XIIIe-XIVe siècles).
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