Le parallèle avec la Chine par Réginald 2026-02-12 09:15:52 |
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Le parallèle avec la Chine reste trompeur, et surtout insuffisant sur le plan ecclésiologique.
La question décisive n’est pas seulement celle du mandat pontifical comme norme disciplinaire, mais celle de la communion hiérarchique de l’épiscopat, qui relève du droit divin. L’épiscopat n’est pas un simple pouvoir sacramentel fonctionnel : il est ordonné par nature au Corps mystique de l’Église, et constitue un corps hiérarchique structuré autour du successeur de Pierre. C’est un point constant du magistère, de Trente à Vatican II.
Dès lors, l’argument selon lequel les évêques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X ne « revendiqueraient aucune juridiction » ne suffit pas. Faire un évêque, c’est faire une hiérarchie. Un sacre épiscopal conféré en dehors de la communion hiérarchique ne peut pas être réduit à un acte purement sacramentel neutre : il met objectivement en cause l’unité même de l’Église, indépendamment des intentions subjectives.
L’histoire ancienne ne contredit pas ce point. Certes, les modalités canoniques ont varié, mais jamais l’Église n’a tenu pour normal qu’un évêque soit sacré contre la volonté du pape. Les formes anciennes (élection locale, rôle des métropolites, lettres de communion) n’étaient que des expressions disciplinaires d’une exigence plus fondamentale : l’insertion effective dans le corps épiscopal en communion avec Rome. La Tradition n’est pas un stock d’exceptions utilisables pour relativiser la norme actuelle.
L’exemple de saint Jean Chrysostome relève de la complexité des successions épiscopales lors du schisme d’Antioche, dans un contexte où la centralisation juridique des mandats n’était pas la règle technique. Mais Chrysostome n’a ni théorisé ni pratiqué le sacre d’évêques contre une interdiction formelle du pape afin de créer une structure de suppléance autonome. Au contraire, toute sa vie témoigne d’un effort constant pour que les évêques d’Orient soient reconnus par le Siège de Pierre. Confondre une incertitude historique sur la légitimité d’un siège avec un refus délibéré d’obéissance au Vicaire du Christ constitue un contresens historique et ecclésiologique.
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