Effectivement par Signo 2026-02-10 22:14:26 |
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La Contre-Réforme a été un âge d’or de l’épiscopat avec de très grands évêques (S. François de Sales, Saint Charles Borromée, etc.)
Le problème de la Contre-Réforme c’est le juridisme croissant (sans doute nécessaire) et déjà l’apparition d’une nouvelle conception de l’obéissance à une autorité comprise comme absolue, accompagnée d’une militarisation du clergé sous l’influence notamment des Jésuites.
Mais déjà la politique liturgique de S. Pie V tend vers une certaine uniformisation. Il introduit le principe que le rite romain doit s’imposer à tous. On est encore dans une uniformisation souple et respectueuse des traditions locales (les rites locaux anciens sont maintenus) mais déjà on introduit l’idée que c’est Rome qui décide quel rite peut vivre et quel rite doit disparaître.
La querelle Janséniste a été l’un des mouvements de résistance au processus d’uniformisation.
Les contre-pouvoirs séculiers (monarchiques) ont à la fois retardé et filtré les processus d’uniformisation.
La Révolution (et le cycle de révolutions qu’elle inaugure dans toute l’Europe jusqu’à la Première guerre mondiale), en détruisant les pouvoirs monarchiques et en laïcisant l’Etat, va ouvrir la voie à l’ultra montanisme et accélérer la centralisation romaine qui atteint son apogée dans la première moitié du XXe siècle dans le sillage de Vatican I.
J’aimerais retrouver la source de l’information selon laquelle au début ou au milieu du XXe siècle, certains évêques américains prônaient l’abolition de tous les rites non-romains, même orientaux, et l’adoption par tous les catholiques du monde de l’unique rite romain. Tellement révélateur d’une certaine mentalité…
Nous vivons encore dans ce système. Suite à TC Rome est allé jusqu’à décider ce que l’on peut mettre et ne pas mettre dans les annonces paroissiales. Les évêques ne sont pas considérés comme assez grands pour décider seuls ce qu’il convient de faire dans leur diocèse sur le plan liturgique. L’évêque de Chartres s’est réfugié derrière Rome pour savoir si l’ancien rite peut ou pas être célébré dans sa cathédrale. Ce genre de jacobinisme tatillon eût été inimaginable durant tout le premier millénaire et même encore au Moyen-Age.
Ce système de pouvoir s’accommode très bien d’un certain progressisme. Pire, il ne fonctionne depuis quelques décennies (depuis le Concile en fait) que dans le sens du progressisme, jamais dans le sens de la Tradition. C’est comme si un monstre que nous avions créé pour défendre la Tradition se retournait contre la Tradition pour la détruire.
Pourtant Vatican II avait tenté de rompre avec ce système:
« Conservant l’unité dans ce qui est nécessaire, que tous, dans l’Église, chacun selon la charge qui lui est confiée, gardent la liberté qui leur est due, qu’il s’agisse des formes diverses de la vie spirituelle et de la discipline, de la variété des rites liturgiques, et même de l’élaboration théologique de la vérité révélée ; et qu’en tout ils pratiquent la charité. De la sorte, ils manifesteront toujours plus pleinement la véritable catholicité et apostolicité de l’Église. »
Concile Vatican II, Unitatis redintegratio, n° 4.
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