[réponse] par Réginald 2025-11-06 13:04:30 |
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Votre exemple du covoiturage confirme précisément ce que je dis : il y a parité fonctionnelle entre les participants — tous sont “co-voitureurs”, chacun étant reconnu comme acteur du trajet, même si un seul tient le volant.
Pour le reste, vous avez raison sur un point essentiel : le cœur du sujet n’est pas la philologie, mais la théologie de la médiation.
Le DDF ne nie nullement la coopération singulière de Marie (lisez le document) ; il précise seulement qu’elle n’est ni du même ordre que celle du Christ, ni de même nature que celle des baptisés.
La théologie classique exprime bien cette distinction :
– le Christ mérite de condigno, c’est-à-dire par justice et efficacité intrinsèque ;
– Marie mérite de congruo, par convenance d’amour, en dépendance absolue de la grâce de son Fils ;
– nous, enfin, coopérons moralement et sacramentellement, en recevant et en prolongeant les fruits de la Rédemption.
C’est pourquoi les expressions traditionnelles — « Mère du Rédempteur », « coopératrice à la Rédemption », ou « associée à l’œuvre rédemptrice » — rendent beaucoup plus justement la vérité que Corédemptrice, sans en diminuer la profondeur.
Le problème n’est d’ailleurs pas tant le latin du texte que sa traduction dans les langues vernaculaires, où le préfixe co- prend spontanément un sens de parité fonctionnelle : c’est cette réception pastorale que le DDF anticipe et veut éviter.
P.S. Vous éludez à nouveau la question du Virgo Sacerdos, pourtant directement liée au sujet : si la Rédemption est avant tout un sacrifice offert par un prêtre, la réserve du Saint-Office envers ce titre illustre bien la même prudence doctrinale — celle d’éviter toute confusion entre la coopération de Marie et le sacerdoce rédempteur du Christ.
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