Même le titre de médiatrice n'a pas été accepté ..... par lumineux 2025-11-05 18:41:10 |
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Et pourtant Pie XI, dans la conclusion de l’encyclique Miserentissimus Redemptor, dit :
> (…) par sa mystérieuse union avec le Christ et par une grâce particulière reçue de Lui, [la Vierge Marie] fut aussi réparatrice et gracieuse dispensatrice des mérites de Lui, [le Christ], seul Médiateur entre Dieu et les hommes, à vouloir pendant s’associer sa Mère comme avocate des pécheurs et comme dispensatrice et médiatrice de ses grâces.
De son côté, Pie XII choisit de faire lire le passage suivant à l’épître de la messe pour la fête du Cœur Immaculé de Marie qu’il instaura en 1944 :
> Je suis la mère du bel amour, de la crainte de Dieu, de la connaissance et de la sainte espérance. En moi est toute grâce de doctrine et de vérité ; en moi est tout espoir de vie et de force. (Ecclésiastique, XXIV, 17).
Que les grâces ne puissent nous être données que par la médiation de la Sainte Vierge, le concile l’oublia complètement. Pire ! Il refusa formellement d’accorder le titre de Médiatrice à Notre-Dame. Pourtant, trois cent évêques avaient demandé que soit défini le dogme de la Médiation universelle de la très Sainte Vierge. Mais le cardinal Montini y était fortement opposé, allant jusqu’à déclarer, le 20 juin 1962, lors de la discussion par la commission centrale du projet de schéma sur la Sainte Vierge :
> La proposition d’un nouveau titre, surtout celui de Médiatrice, à accorder à Marie très Sainte, me paraîtrait inopportune et même damnable. Le terme de médiateur ne doit être attribué uniquement et exclusivement qu’au Christ, selon ce dit l’apôtre : « Unus est mediator. » (…) Il vaut mieux parler de la maternité spirituelle universelle de Marie très sainte, de sa royauté et de sa merveilleuse, très bénigne intercession, mais non de médiation.
Cette déclaration ne constitue-t-elle pas un exemple du quatrième type d’outrage envers la Sainte Vierge ?
Lumen Gentium a également des formules très restrictives sur le rôle de Notre-Dame : « Le rôle maternel de Marie envers les hommes ne voile ou ne diminue en aucune manière cette médiation unique du Christ, mais elle en montre l’efficacité ».
Pour marquer le rôle très particulier de Notre-Dame dans l’économie du salut, la commission préparatoire du concile avait bien préparé un schéma particulier sur la Vierge Marie. Mais, le concile refusa d’en faire un schéma spécifique. Car pour les modernistes, l’enseignement de l’Église sur Marie était l’un des obstacles majeurs à l’œcuménisme, notamment à l’union entre catholiques et protestants. Des théologiens protestants menaçaient de rompre si le schéma était étudié. Pour sortir de l’impasse, il fut alors proposé d’inclure le schéma sur la Vierge Marie dans celui sur l’Église (Lumen Gentium). Présentée au vote des Pères le 29 octobre 1963, cette proposition fut acceptée par une toute petite majorité de 17 voix (1 114 votes positifs sur 1 193).
Le soir de cette journée, le père Congar, que Jean-Paul II nommera cardinal, nota dans son journal :
> « La mariologie, du moins celle qu’il veut toujours douter, est un vrai cancer. » ⁵⁷⁶
On est loin de saint Louis-Marie Grignion de Montfort disant :
> Il faut dire avec les saints : De Maria, numquam satis. On n’a point encore assez loué, exalté, honoré, aimé et servi Marie. Elle mérite encore plus de louanges, de respects, d’amour et de service. ⁵⁷⁷
De son côté, voici comment l’abbé Berto, théologien de Monseigneur Lefebvre au concile, ressentit ce vote :
> Le funeste vote (du 29 octobre 1963) apostasiant l’Évangile des noces de Cana, loin d’inviter la sainte Vierge, lui avait signifié son congé. Elle comprit. La Vierge Marie encombrait le concile, qui l’invitait à sortir. Oh ! Elle ne s’est pas fait dire deux fois ! La terre n’a pas tremblé, la foudre n’est pas tombée sur Saint-Pierre. La Vierge Marie est sortie discrètement, dans un profond silence ; seulement si discrètement, dans un silence si profond, qu’elle a pu dire : Vinum non habent [Ils n’ont plus de vin] ; et les destins de la deuxième session ont été scellés.
> Quand on est en concile œcuménique et qu’on fait sortir la sainte Vierge, on devrait au moins se rappeler qu’elle ne demande qu’à s’effacer ; c’est assez dire qu’elle pourrait bien s’effacer trop. La sainte Vierge n’ayant rien dit, Jésus n’a rien fait ; l’eau est restée de l’eau, même pas de l’eau potable, de l’eau croupie, toujours comme à Cana.
> Je pense que la sainte Vierge, quant à elle, se serait contentée de laisser le concile barboter dans toute cette eau pas trop propre. Mais au lieu de lui demander à genoux, dans une supplication solennelle, de prononcer le Vinum non habent, on l’a formellement déclarée gênante, embarrassante, encombrante, à la face de son Fils, elle, l’épouse du Saint-Esprit.
> Toujours, quand on est en concile œcuménique, on doit savoir que mettre la sainte Vierge à la porte est une opération qui peut avoir des suites, et peut-être pas ratifiée par quelqu’un qui lui a ouvert les portes du Ciel ; on dit voir plus haut. Mais il ne faut pas se figurer qu’on a droit au Saint-Esprit, comme ça, sur commande, du moment qu’on est un concile.
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