Oui, c'est bien l'effet que vous me faites depuis toutes ces années : vous rêvez éveillé devant la brave new church. Et pour empêcher le dur réveil, rien de mieux que des miracles, avérés ou pas, pour se distraire de la destruction en règle de la foi, depuis 60 ans, et maintenant, depuis 10 ans, de la destruction progressive de la morale naturelle. Et je passe sur les récentes clowneries made in Castelbajac auxquelles certains porteurs de mitre se sont crus obligés de sacrifier, comme pour finir de se discréditer dans l'ordre purement symbolique.
Le démon ne peut pas changer par sa propre vertu une substance en une autre. (Je vous ai déjà répondu sur ce point : ne faites pas semblant de croire le contraire.) Et donc le démon ne peut pas changer la substance du pain dans de la chair humaine.
En revanche, le démon peut user de sa puissance d'application sur le créé, de telle sorte que, non pas simplement en abusant de nos sens, mais en réalité, il peut substituer une substance à une autre : y compris substituer de la chair humaine à du pain.
Entre autres prodiges diaboliques possibles.
Quant à l'hypothèse d'une messe célébrée validement en ajoutant au novus ordo ce qui lui fait défaut, vous la balayez gratuitement d'un revers de main. Ni vous ni moi n'en savons rien. Le plus probable est que le célébrant s'est conformé en tout et pour tout au rite de Paul VI, mais la possibilité contraire existe. Et dès lors qu'il s'agit d'établir l'existence ou non d'un miracle censé prouver la validité du novus ordo, il faut garantir que le célébrant s'est conformé en tout et pour tout à icelui.
Vous soulevez la question de l'ordination du ministre. On lui a imposé les mains en 1991. Il est donc à peu près certain qu'il été ordonné au moyen du pontifical de Paul VI. Mais pardon encore une fois de citer un cas concret : il existe en Espagne un prêtre traditionaliste, ordonné dans les années 1990 avec le nouveau pontifical, qui prétend que l'évêque qui lui a imposé les mains, à lui et aux autres ordinands, a utilisé l'ancienne forme sacramentelle, et qui plus est procédé par complément à la porrection des instruments (qui depuis Pie XII ne relève plus certainement que de la partie cérémonielle, mais exprime néanmoins l'intention du rite). L'évêque en question était Mgr Guerra Campos, de Cuenca.
Dans cette histoire, pour pouvoir crier au miracle, on évacue et l'hypothèse du prodige diabolique et celle de la messe et des ordres pipole.
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