Oui concile pastoral ! par Jean-Paul PARFU 2023-09-14 22:45:00 |
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On accuse aujourd'hui les Traditionalistes de prétendre qu'il ne s'agit avec Vatican II que d'un concile pastoral pour pouvoir ne pas y obéir, mais à l'époque, ce sont les initiateurs de ce Concile qui insistaient sur son caractère purement pastoral.
Mais cette qualification résulte de discours de Jean XXIII et de Paul VI qui prévenaient l'opinion ou répondaient à des critiques selon lesquelles habituellement un Concile ne pouvait se réunir sans rappeler la doctrine ou définir des vérités.
1) Discours de Paul VI d'ouverture de la 2ème session du Concile :
Marchant sur la voie tracée par Jean XXIII, qui a appelé ses frères « à poursuivre l’étude doctrinale interrompue (depuis Vatican I) et le travail législatif suspendu », Paul VI rappelle, le 29 septembre 1963, l’autre objectif voulu par son prédécesseur :
« Tout en marquant de la sorte l’objectif le plus élevé du Concile, vous lui avez joint un autre but plus urgent et de nature actuellement plus bienfaisante, le but pastoral », avec la conviction que la doctrine catholique « ne doit pas être seulement vérité à explorer par la raison sous la lumière de la foi, mais parole génératrice de vie et d’action ».
2) Annexe à "Lumen Gentium", qualifiée avec "Dei Verbum" de constitution dogmatique. Paul VI a fait dire à Mgr Felici, secrétaire général du Concile, au cours de la 123e congrégation générale, le 16 novembre 1964, la déclaration suivante :
"On a demandé quelle devait être la qualification théologique de la doctrine exposée dans le schéma sur l’Église et soumise au vote. À cette question la commission doctrinale a donné la réponse suivante : « Comme il est évident de soi, un texte de Concile doit toujours être interprété suivant les règles générales que tous connaissent. À ce propos la commission doctrinale renvoie à sa déclaration du 6 mars 1964, dont nous transcrivons ici le texte.
«Compte tenu de l’usage des conciles et du but pastoral du Concile actuel, celui-ci ne définit comme devant être tenus par l’Église que les seuls points concernant la foi et les mœurs qu’il aura clairement déclarés tels. «Quant aux autres points proposés par le Concile, en tant qu’ils sont l’enseignement du magistère suprême de l’Église, tous et chacun des fidèles doivent les recevoir et les entendre selon l’esprit du Concile lui-même qui ressort soit de la matière traitée, soit de la manière dont il s’exprime, selon les normes de l’interprétation théologique."
Ils l'ont fait sciemment, de manière à contourner la doctrine.
Conclusion :
Le Concile s’est conformé au vœu de Jean XXIII : user de miséricorde plutôt que de sévérité. S’il a dénoncé des erreurs comme, par exemple, l’athéisme dont il a analysé les diverses formes, Gaudium et spes, n° 19-21., il n’a pas prononcé d’anathèmes, contrairement à l’usage de tous les Conciles précédents. En conséquence, certains lui ont reproché un manque de rigueur dans l’exposé de la doctrine.
Conformément aussi aux orientations de Paul VI, il a proposé un enseignement explicite et autorisé, mais pas avec ces formules solennelles qu’on nomme définitions dogmatiques.
Vatican II : 50 ans après. Relecture
Claude Bressolette
Dans Revue d'éthique et de théologie morale 2012/3 (n°270), pages 9 à 36
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