Je ne sais pas où est le "point aveugle" par Lycobates 2022-01-15 22:53:15 |
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Je laisse aux lecteurs (ou: liseurs) de juger.
Mais vous devriez réviser aussi votre chronologie.
Le reniement de Saint Pierre arrive avant Golgotha.
Aucun reniement n'a pu survenir après, encore moins après la Pentecôte et le commencement des garanties divines pour l'Église naissante
(seulement des erreurs de jugement pratiques, dont fait état p.ex. l'épître aux Galates, car je vous vois venir ...)
L'Église, orpheline de son Chef invisible, commence à partir de l'Ascension, timidement, et, pour de bon, et infailliblement, après la Pentecôte et la venue de l'Esprit-Saint.
Vous l'ignoriez ?
Non seulement Saint Pierre, mais tous les apôtres (eux par charisme purement personnel, pas transmissible), ne sont pas seulement infaillibles, mais aussi impeccables (confirmés dans la grâce, admittitur communiter, lire p.ex. chez le P. Salaverri, De Ecclesia Christi III, n. 255) après cette date là. L'impeccabilité ne fait plus partie des charismes de leurs successeurs, et l'infaillibilité seulement quand ils l'exercent en commun avec le successeur de Saint Pierre, p.ex. dans leurs catéchismes diocésains.
Mais celui-ci (et tout successeur légitime) est bien resté infaillible dans l'exercice de sa charge: Ego rogavi pro te, ut non deficiat fides tua, et tu aliquando conversus confirma fratres tuos.
Ut non deficiat fides tua : la profession de la foi intégrale est bien entendu constitutive de toute charge dont l'exercice consiste à la confirmer.
Tous les mots ont leur sens, et le gardent, aussi le aliquando conversus de Lc. 22,32, qui renvoie au reniement encore à venir.
Rien à voir avec la situation après la Pentecôte.
La promesse n'est pas vaine (à moins de faire mentir le Christ quod absit), tant que le successeur de saint Pierre en question ne s'oppose pas, avec son libre arbitre, en tant que personne privée, à la foi et y devient infidèle, prévaricant contre sa charge, et perdant sa juridiction, puisque iurisdictio in haereticis et schismaticis non manet, dit saint Thomas (S.Th. IIª-IIae q. 39 a. 3 co.); la juridiction cesse, tout simplement, en cas d'hérésie et de schisme, et rien ne se fait plus, nihil est actum, même pas un motu malproprio.
C'est le bon sens même que le pape Innocent III (Sermo IV in consecratione Pontificis, PL 217:670) résume dans la formule: (Romanus Pontifex) potest ab hominibus iudicari, vel potius iudicatus ostendi, si videlicet evanescat in haeresim.
Le Pontife romain peut être jugé par les hommes, ou plutôt: se montrer jugé, s'il sombre dans l'hérésie (s'entend: publique),
et c'est l'opinion commune des théologiens depuis Saint Bellarmin.
On ne juge pas le pape, mais son hérésie publique le juge par elle-même (et ceux qui sont en mesure de s'en rendre compte, la bonne foi restant sauve, ont le devoir de se soustraire à l'imposture et de la dénoncer).
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