La question est surtout relative à ce qu'est "le bien de l'Eglise". par Scrutator Sapientiæ 2013-09-23 23:28:10 |
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Bonsoir, Mingdi.
1. Benoît XVI a démissionné "pour le bien de l'Eglise".
" Ces derniers mois, j'ai senti que mes forces avaient diminué, et j'ai demandé à Dieu avec insistance, dans la prière, de m'éclairer de sa lumière pour me faire prendre la décision la plus juste, non pas pas pour moi, mais pour le bien de l'Eglise. "
Est-ce à dire que s'il n'avait pas démissionné, s'il était resté en fonctions, ne serait-ce que quelques mois de plus, par exemple jusqu'à la fin de l'Année de la Foi, cela aurait été moins conforme au bien de l'Eglise ? Et en quoi y avait-il "urgence", en février dernier ?
2. Benoît XVI n'est pas retourné "vers la sphère privée".
"Le «toujours» est aussi un «pour toujours» - il n'y a pas de retour vers la sphère privée. Ma décision de renoncer à l'exercice actif du ministère ne révoque pas cela. Je ne retourne pas à la vie privée, à une vie de voyages, rencontres, réceptions, conférences, etc."
Pour ma part, je trouve qu'une vie "de voyages, rencontres, réceptions, conférences, etc." relève davantage d'une vie dans la sphère publique que d'une vie dans la sphère privée.
3. Je suis convaincu que les deux paragraphes que je viens de rappeler constituent deux moyens d'accès à "la clef de compréhension" de ce qui s'est vraiment passé.
4. Je n'en dis pas plus, parce que je n'en sais pas plus, et non parce que j'en aurais "sous le pied", et que je voudrais "me faire mousser", en distillant mes intuitions au fur et à mesure.
5. En revanche, je me permets une question plus générale, au contact de l'expression ci-dessus mentionnée : qu'est-ce que le bien de l'Eglise ? En quoi consiste-t-il, en priorité ?
- avant tout en une consolidation de la Foi et des moeurs, ad intra,
ou
- avant tout en une ouverture sur les périphéries, ad extra ?
Si la consolidation de la Foi et des moeurs ad intra n'est pas mise au service de l'ouverture sur les périphéries ad extra, elle perd une partie de sa finalité, évangélisatrice.
Mais si l'ouverture sur les périphéries ad extra n'est pas à la fois précédée et ressourcée par la consolidation de la Foi et des moeurs ad intra, elle risque fort d'être biaisée, viciée, corrompue, dévoyée.
6. Telle est, je le crois, la tragédie, ou, en tout cas, tel est le drame, celui de l'Eglise catholique, notamment depuis le début de la deuxième moitié du XX° siècle : une perte d'équilibre entre ces deux exigences,
- l'exigence de fidélité confessante, exigeante, "orthodoxe", à l'égard du "centre",
ET
- l'exigence de confiance en la fécondité potentielle, mais pas automatique, de l'ouverture sur "les périphéries".
7. Je suppose que tout est une question d'équilibre dans le déséquilibre, la religion chrétienne étant la religion du paradoxe, et non celle du paradigme, qu'il soit légaliste ou personnaliste, ni celle du paroxysme, id est du feu au contact duquel on risque de s'aveugler et de se consumer, au lieu de s'éclairer et de se réchauffer.
8. Je pense que nous serons bientôt fixés, sur la manière la plus appropriée de défendre et de promouvoir le véritable bien de l'Eglise, en ce début de pontificat, et je pense que le courage de déplaire, quand c'est nécessaire et salutaire, aux ennemis de l'Eglise, a toujours fait et fera toujours partie de cette manière la plus appropriée.
En ce sens, le courage de déplaire aux ennemis de l'Eglise constitue un critère d'appréciation, parmi d'autres, bien sûr, en ce qui concerne la volonté des hommes d'Eglise de défendre et de promouvoir le véritable bien de l'Eglise.
Ce message ne constitue évidemment pas, à proprement parler, une réponse, au sens strict du terme, à votre message, et je vous prie de bien vouloir m'en excuser.
Je vous souhaite une bonne nuit et une bonne semaine.
Scrutator.
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