La crise de l'Eglise ne se résout pas à coup de syllogisme, sinon ce serait très facile, et il n'y aurait plus de crise depuis longtemps, Mgr Lefebvre n'aurait jamais sacré, et le Concile Vatican II serait reconnu par tous dans tous ses aspects, et toutes ses applications.
Contra factum, non fit argumentum.
Voila le problème.
Si quand il était cardinal, Ratzinger a pu écrire que le Concile est un "contre Syllabus", que le cardinal Suenens a pu dire que "Vatican II c'est 1789 dans l'Eglise", et que Mgr Benelli demande à Mgr Lefebvre la "soumission à l'Eglise conciliaire", c'est bien qu'il existe un sérieux problème et je ne suis pas le Bon Dieu, ni pour le résoudre, ni pour vous donner la réponse à votre syllogisme béton, digne des plus chevronnés sédévacantistes.
Je ne fais que soulever un problème qui est réel, la question de la validité du nouveau rite de consécration épiscopale.
Car un rite promulgué validement par l'Eglise est en effet intouchable.
Or concernant des doutes peuvent exister sur les trois éléments essentiels du sacrement : matière, forme, intention.
Si le rite est légitimement promulgué, il ne saurait être question de le mettre en doute en théologie.
Mais encore une fois, Contra factum, non fit argumentum, il existe des questions théologiques sérieuses.
Je ne conclus pas que le rite est invalide, ni que ce n'est pas l'Eglise qui l'a promulgué. Je ne fais que relever des problèmes, tant au niveau théologique, qu'au niveau canonique de la promulgation.
En résumé, mais on pourrait aller beaucoup plus loin :
1 Matière : il semble possible qu'une nouvelle matière vienne porter la confusion sur la matière effective du sacrement.
2 Forme : elle n'a rien à voir avec celle promulguée infailliblement par Pie XII quelques décennies plus tôt. Problème de "Spiritus principalis"; question théologique de la doctrine sous-tendue de la Trinité.
3 Intention : ce n'est pas l'intention de celui qui administre qui est le plus à étudier, mais celle des réformateurs, selon ce conseil de Léon XIII dans Apostolicae curae : "rien assurément ne vaut l’examen scrupuleux des circonstances dans lesquelles il a été composé et publié." Or les circonstances ressemblent à cet exemple historique.
4 Promulgation : un problème intéressant soulevé, une différence de texte entre les AAS et Pontificalis Romani, sans compter la question du serment des Papes non prêté par Paul VI.
Bref, un syllogisme ne résoudra pas la question, ni votre épouvantail de "sédévacantisme".
Il y a un doute légitime pour celui qui a le "sensus Ecclesiae", et qui donc se refuse à obéir à l'aveuglette sur des choses graves qui peuvent engager le salut des âmes. Comme le disait Mgr Lefebvre en reprenant la Sainte Ecriture "Mieux vaut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes".
C'est la plus élémentaire prudence, c'est pourquoi, nous voulons rester dans le tutiorisme. Une reconsécration n'est pas bien compliqué à effectuer, ça prend 5 minutes, et il n'y a plus aucun doute pour continuer "l'Opération survie de la Tradition" de Mgr Lefebvre.
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