Vos rappels historiques sont les bienvenus... par Signo 2018-02-10 23:01:41 |
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... et me permettent de rebondir:
- ces pratiques que vous décrivez permettent de relativiser l'importance de bien des aspects toujours présents notamment dans le rite de Saint-Pie V;
- en même temps, les progressistes, et même, à l'époque, des catholiques "orthodoxes", ont cru que puisque d'autres manières de recevoir la communion avaient existé dans l'Eglise (par exemple, la communion dans la main), il n'y avait qu'à rétablir ces pratiques aujourd'hui... oubliant un peu vite que l'état d'esprit des premiers chrétiens était radicalement différent de celui des hommes du XXe-XXIe siècle. Et cela change tout! C'est pourquoi il est évident que cela a été une grande erreur de tolérer par exemple la communion dans la main (tolérance devenue systématique voire obligatoire sur le terrain) à une époque où fatalement cela allait amoindrir la foi dans la présence réelle, les fidèles n'étant plus animés de la ferveur et de l'état d'esprit des origines.
Le problème de la réforme conciliaire a été de se baser sur l'idée que les chrétiens du milieu du XXe siècle étaient suffisamment fervents, conscients de leur foi, bien formés, pour que l'on se permette de ne plus les traiter en "enfants" comme semblait le faire la pastorale pré-conciliaire (c'est ce qui explique la suppression des rubriques). Les pasteurs ont été renforcés dans cette illusion par le fait que dans bien des régions, les vocations abondaient, la pratique était encore massive, etc. La réalité était que ce catholicisme était avant tout sociologique (ce qui n'est pas forcément mal en soi, mais cela le rend vulnérable aux changements d'époque et de modes de vie), que beaucoup de vocations étaient de fausses vocations, et que les jeunes générations incluaient l'autorité de l'Eglise dans leur contestation de toutes les autorités. Dans les séminaires, la formation était gravement déficiente (un ami prêtre m'a une fois raconté l'anecdote suivante: dans une paroisse des années 50-60, une jeune vicaire célébrait la messe; un prêtre plus âgé, à la fin de celle-ci, vient lui reprocher "d'avoir été trop long" et lui recommanda avec fermeté, la prochaine fois, de dire sa messe plus vite "pour économiser la cire des cierges" car sa coûte cher! Histoire vraie...).
La liturgie n'était donc perçue que comme un ensemble de rubriques contraignantes à appliquer à la lettre et dont on ne comprend plus le sens. Résultat:une fois les rubriques supprimées, -ce qui a été vu comme une libération par une génération de prêtres-, la liturgie s'est effondrée.
Si la réforme n'avait pas eu lieu, peut-être les règles et rubriques auraient permis de maintenir l'illusion un peu plus longtemps; mais tôt ou tard l'effondrement aurait eu lieu.
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