De votre message transparaît bien… par Signo 2025-11-26 19:27:46 |
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… tout ce qui nous sépare. Vous adhérez à cette « absolutisation de l’autorité », qui est une caractéristique essentielle du catholicisme moderne et que Bouyer dénonçait déjà en 1968. C’est votre droit le plus strict. Sachez quand même que le système artificiel et vide auquel vous vous accrochez désespérément, comme une patelle sur son rocher, achève de se décomposer en ce moment même et est condamné à disparaître. Et le moment douloureux approche où vous le comprendrez par vous-même. Mais alors il sera trop tard.
Vous me parlez de Flavigny, mais la liturgie qui y est célébrée ne respecte pas vraiment l’esprit du NOM. Ce n’est pas du NOM « chimiquement pur »: c’est du Paul VI qui tend vers le VOM. C’est une forme étroite et extrême de continuité, mais ce n’est pas exclusivement pour cette forme précise, qui d’ailleurs n’existe nulle part ailleurs, que je me battais. Il y a Solesmes, Evron… ou Rome, lors des célébrations pontificales, et au cours desquelles les ornements sont généralement dignes et le grégorien largement interprété. Mais même cette « messe Paul VI » là, n’existe que là et presque nulle part ailleurs sauf exceptions, pas même dans les cathédrales! Est-ce s’enfermer dans une impasse que de vouloir que la liturgie soit célébrée, à moyens équivalents, comme à avec le pape à Rome? Mais vous allez dans certaines églises situées à quelques centaines de mètres de Saint-Pierre, vous aurez des messes célébrées sur des guéridons sans chasuble dans l’indigence la plus totale, comme je l’ai vu moi-même il y a quelques mois. La réalité que vous n’avouerez jamais, et qui pourtant est un constat que chacun peut faire en regardant honnêtement le réel, c’est que la «liturgie de Paul VI » n’existe pas. Le nouveau rite est un non-rite, qui permet des célébrations, non pas avec divers niveaux de solennité (ce qui serait légitime et est aussi le cas de l’ancien), mais radicalement différentes. Quel rapport entre une messe à Flavigny, et une messe chez les Jésuites? Aucun. C’est pourtant le même missel, et dans les deux cas avec la pleine approbation des autorités.
Oui le pape peut modifier un rite. Oui, il peut en créer un nouveau. Mais il ne peut pas abolir un rite vénérable. Et être en contradiction avec Pie XII sur ce point ne me fait pas peur. En l’occurrence d’après le texte que vous avez cité ce n’est pas le cas.
Je vous confirme que l’autorité sous François avec TC a bien affirmé solennellement que l’ancien rite n’exprime plus la foi de l’Eglise. Car c’est ce que signifie « lex orandi, lex credendi », figurez-vous.
Je conteste votre délire faisant d’une soumission absolue au pape une condition de salut. Vous êtes en train de nous affirmer que S. Paul est en enfer, S. Cyprien de Carthage est en enfer, etc. Car figurez-vous que tous ces saints ont formellement désobéit à Pierre ou à l’un de ses successeurs, et il y en a beaucoup d’autres. Cette affirmation prise au sens littéral est fausse et d’ailleurs le magistère l’a reconnu officiellement en interprétant cette phrase dans un sens euphémisé (c’est l’appartenance à l’Eglise, reconnaissance qui suppose implicitement la reconnaissance de la juridiction universelle du pape, qui est nécessaire au salut) et en canonisant et en proclamant docteur de l’Eglise des hommes qui sont morts en dehors de la communion romaine, voire qui se sont publiquement opposés au pape.
D’ailleurs cette affirmation d’une soumission absolue au pape comme condition de salut, plus personne aujourd’hui n’y croit, y compris les autorités romaines actuelles elles-mêmes. Il n’y a qu’à lire le tout récent texte du pape sur l’œcuménisme et le concile de Nicée pour s’en convaincre. Magistère contre magistère…
Quand à la question de la conformité entre le Concile et la réforme de 1969, tout a été dit sur ce sujet. Ma position est celle de Ratzinger.
Mais en définitive, toutes ces discussions importent peu. Vous aimez la liturgie réformée, tant mieux pour vous, nous demandons une liberté que nous ne refusons pas aux autres. Quand à nous, nous n’adopterons jamais cette réforme et nous resterons attachés à la liturgie traditionnelle jusqu’à notre dernier souffle, quoiqu’il en coûte, parce que c’est par elle, et par nulle autre, que nous recevons la vie du Christ.
Donc soit l’autorité nous intègre dans la vie ecclésiale et nous laisse la liberté de pratiquer cette liturgie, soit elle nous pousse au schisme en employant la contrainte. Si elle choisit cette dernière option, elle en assumera les conséquences devant l’histoire. En ce qui me concerne mon choix est définitif et je n’ai plus aucun état d’âme.
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