Je ne le conteste pas, cher Meneau par John DALY 2013-11-20 18:57:58 |
|
Imprimer |
Le problème est indubitablement réel mais en matière de droit divin le besoin n'a pas la tendance lamarckienne à créer l'organe !
Comme nous le savons, le mariage est une réalité objective, d'origine divine même quand il n'est pas sacramentel, et il est de sa nature d'être connaissable et non pas de flotter au hasard de l'opinion des particuliers, fussent-ils de savants clercs.
Pour cette raison l'Église affirme (mais n'invente pas) que dès lors qu'il existe une "species matrimonii" - une apparence de mariage, la certitude de l'invalidité de cette première alliance n'autorise pas une de ces parties à convoler en de nouvelles noces. Il s'impose par la nature des choses une deuxième condition, outre l'invalidité objective et certaine : c'est le jugement de l'autorité compétente. (Canon 1069 du Code catholique - "...antequam de prioris nullitate ... legitime et certo constiterit.").
Or, la "Commission canonique Saint Charles Borromée" ne constitue en aucun cas l'autorité compétente capable de prononcer cette sentence légitime absolument nécessaire.
Déjà la validité des mariages FSSPX n'est pas due à une suppléance imaginaire de la juridiction propre aux seuls curés, mais à la réalisation des circonstances prévues par le Canon 1098 où n'importe quel prêtre peut agir puisque aucun n'est nécessaire à la validité. Mais cela ne marche pas pour constater l'invalidité des mariages, démarche qui de sa nature exige une autorité reconnaissable et vérifiable.
Et en tout état de cause, cette "commission canonique" souffre d'une double incompétence. Non seulement elle n'est pas plus autorisée à déclarer des nullités que je ne le suis à prononcer des sentences de mort, mais elle manque gravement de compétence au sens banal du mot. On n'y sait pas ce qu'on fait. On y prononce nulles des alliances qui aux temps catholiques - si vous me suivez - n’eussent eu la moindre chance d'obtenir un tel jugement sans passer par deux appels du defensor vinculi et arriver à Rome. Et encore ...!
De même pour les prétendus dispenses. De même pour les confirmations réalisées par de simples prêtres. Invalides et indéfendables en théologie sérieuse !
Si vous évoquez le sort des personnes ainsi en quelque sorte enfermées en une union probablement nulle sans possibilité de récupérer leur liberté, je vous invite à constater que la même chose pouvait parfaitement se produire avant Vatican II. On peut lire les exemples dans les multiples volumes des Sacræ Romanæ Rotæ Decisiones seu Sententiæ. Cela vaut largement un Agatha Christie avant de s'endormir. Prenez le cas d'un mariage dont une partie s'avère impuissante. Maintenant supposez que la partie impuissante disparaît ou refuse toute coopération avec un procès en nullité. Supposons que l'autre partie n'a pas la possibilité de démontrer la non-consommation. De telles choses sont arrivées. Rome ne peut que prononcer : "non constat". La Providence a choisi l'autre partie pour un petit martyre - la vocation à la chasteté est manifeste et les grâces nécessaires pourront s'obtenir.
Mais le jour où l'on admettra la réalité de la crise au lieu de vouloir faire semblant de vivre encore en 1950 (ou est-ce 1962 ?) on sera bien plus près d'y mettre fin.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|