...intellectuelle chez Madiran...
la rencontre entre l'optimisme de Jean XXIII et l'idéologie de Teilhard ?
Mais rien n'est démontré dans ces affirmations farfelues ! Et Luc Perrin les a démontées brillamment en apportant la suite du discours du Bx Jean XXIII.
Si l'on analyse rigoureusement Madiran et notamment cette phrase devant laquelle tout le monde se pâme mais qui n'est absolument pas démontrée :
L’esprit humain est ainsi fait qu’il assimile mal une idée vraie si l’on n’en précise pas les contours par une condamnation qui anathématise ce qui lui est contraire
il faudrait en conclure que la vérité ne peut s'exprimer sans l'anathème des mensonges qui la déforment : donc on ne pourrait avoir, pour l'esprit humain, qu'une vérité exprimée en creux, essentiellement par la sanction des erreurs qui l'obscurcissent...
Eh bien je vais aller plus loin : une telle vision qui refuse à l'esprit humain l'accès à la vérité pour ce qu'elle est, est une vision qui flirte avec la gnose ! La vision de la vérité serait en réalité (et dans
"l'idéologie dominante" qui
découle de ce texte de Madiran) largement inaccessible à l'esprit humain, obscurci par les bassesses matérialistes. C'est typiquement ce que les Cathares ont affirmé et le catharisme est une hérésie sur laquelle ni le Bx Jean XXIII ni ses successeurs ne sont revenus, que je sache !
La vérité, c'est le Christ (Je suis la voie, la vérité et la vie) ; et la vérité est parfaitement accessible à l'esprit humain directement, certes par le truchement de l'Eglise dans ses enseignements positifs, ses sacrements et sa discipline pour une vision précise, mais aussi très directement dans la conscience humaine (St Paul Rm). Les condamnations des erreurs sont utiles, mais non indispensables. La vision madiranienne qui veut démonter le contraire, s'oppose à la clarté de la vérité et à la foi catholique de toujours, car elle semble considérer que le Christ n'est pas accessible directement. c'est la négation de la liberté de la conscience humaine et c'est aussi le refus du sacerdoce des fidèles, tel que Saint Pierre l'affirme ; c'est donc une sorte de retour à l'Ancienne alliance dans laquelle seul le grand prêtre a accès à Dieu, enfermé dans les secrets du Tabernacle et inaccessible aux simples croyants.
Quelle régression théologique ! C'était bien la peine que le Christ se fasse homme et prenne notre nature !
Mais au-delà, il y a aussi une sorte de rejet viscéral de Gaudium et Spes qui fait que, rejetant en bloc le contenu de cette constitution, on finit par rejeter ce qui a toujours été admis dans l'Eglise catholique !
Il suffit pourtant de se relire St Paul et de se reporter à Saint Thomas d'Aquin qui font de la conscience humaine le lieu où Dieu parle directement à l'homme pour lui transmettre, très directement donc, la Vérité sur le bien et le mal...