Eh bien, enfonçons encore quelques portes ouvertes ! par jl d'André 2012-08-05 15:27:48 |
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Voici, parmi beaucoup d’autres quelques exemples d’erreurs pastorales commises par des souverains pontifes :
Pie XI a condamné l’action française ! Ce ne fut pas une erreur doctrinale car il ne manqua pas de condamner aussi abondamment dans ses encycliques le libéralisme et le laïcisme, principaux bénéficiaires de sa condamnation de l’action française. De plus il n’avait fait que reprendre une ancienne condamnation jamais publiée de son prédécesseur le pape saint Pie X. Saint Pie X avait déclaré : « l’action française est condamnable, mais je ne la condamnerais pas ! » jugeant avec raison que les immenses services que l’action française rendait à l’Église étaient sans commune mesure avec les quelques petits défauts qu’on pouvait lui reprocher. Mais ce jugement de Saint Pie X étant essentiellement pastoral, Pie XI a pensé qu’il pouvait se tromper et a passé outre condamnant l’action française. Les conséquences en furent catastrophiques pour l’Église comme l’avait si bien prévu Saint Pie X. Réalisant sur la fin de sa vie l’énorme erreur pastorale qu’il avait ainsi commise, Pie XI prépara le décret de levée de la condamnation de l’action française, mais mourut avant d’avoir pu le promulguer, ce qui fut l’un des tous premiers actes du pontificat de son successeur Pie XII.
Le même Pie XI, auteur de l’admirable encyclique sur le Christ Roi « Quas Primas » a lâchement abandonné et trahi les Cristeros mexicains qui justement se battaient pour le triomphe du Christ-Roi (d’où leur nom). Là encore Pie XI témoigne d’une grande fermeté dogmatique jointe à une action pastorale catastrophique !
Léon XIII a abondamment condamné toutes les erreurs modernes. Et ses encycliques restent un modèle d’enseignement de la saine doctrine. Pourtant, sa pastorale, son action politique et notamment sa politique française du ralliement en prenaient l’exact contrepied et n’a pas peu fait en faveur du triomphe du laïcisme.
Pie IX au début de son pontificat a favorisé les libéraux (du moins dans son action pastorale, car dogmatiquement il confirmait l’enseignement de ses prédécesseurs). Après que la révolution ait atteint ses propres états et qu’il dut s’exiler à Gaète, il a compris son erreur et est devenu le grand pape de l’immaculée conception, du syllabus et du concile Vatican I, mais on ne peut quand même pas oublier les premières années de son règne.
Clément XIV au XVIII° siècle a supprimé la compagnie de Jésus. Le XVIII° siècle est celui du déferlement de l’esprit moderne avec le gallicanisme, le jansénisme et pour couronner le tout, le philosophisme. Tous ces soi-disant philosophes déistes qui au nom de la raison mettaient en doute toutes les vérités de notre foi et les fondements de la société chrétienne et qui n’étaient combattus que par les jésuites. Les francs-maçons ont réussi à s’emparer du pouvoir dans les principaux pays catholiques (Espagne, Autriche, Portugal) dont les gouvernements ont fait pression sur le pape pour qu’il supprime les jésuites, principal obstacle à l’expansion des idées modernes. Et le pape a cédé. Pourtant, il n’avait aucune complaisance pour les idées modernes mais il n’a pas su résister à la pression diplomatique des puissances catholiques coalisées. Là aussi une grande fermeté doctrinale jointe à une non moins grande déficience pastorale. Le cas de Clément XIV est très symbolique car c’est celui qui fut cité en exemple par les chefs francs-maçons quand ils débattaient de leur projet d’avoir « un pape à eux » :
Nous n'entendons pas gagner les papes à notre cause, en faire des néophytes de nos principes, des propagateurs de nos idées. Ce serait un rêve ridicule ... Ce que nous devons demander, ce que nous devons chercher et attendre, comme les Juifs attendent le Messie, c'est un pape selon nos besoins. Alexandre VI, avec tous ses crimes, ne nous conviendrait pas, car il n'a jamais erré dans les matières religieuses, Un Clément XIV, au contraire, serait notre fait des pieds à la tête ...
Nous ne doutons pas d'arriver à ce terme suprême de nos efforts; mais quand? mais comment?
Or, donc, pour nous assurer un pape dans les dispositions exigées, il s'agit de lui façonner une génération digne du rêve que nous rêvons. Laissez de côté la vieillesse et l'âge mûr; allez à la jeunesse, et, si c'est possible, jusqu'à l'enfance. N'ayez jamais pour elle un mot d'impiété ou d'impureté... Vous devez vous présenter avec toutes les apparences de l'homme grave et moral. Une fois votre réputation établie dans les collèges, dans les gymnases, dans les universités et dans les séminaires, une fois que vous aurez capté la confiance des professeurs et des étudiants, faites que ceux qui, principalement, s'engagent dans la milice cléricale aiment à rechercher vos entretiens ... Dans quelques années, ce jeune clergé aura, par la force des choses, envahi toutes les fonctions ; il gouvernera, il administrera, il jugera, il formera le conseil du souverain... Que le clergé marche sous votre étendard en croyant toujours marcher sous la bannière des Chefs Apostoliques. Vous voulez faire disparaître le dernier vestige des tyrans et des oppresseurs; tendez vos filets comme Simon Barjona ; tendez-les au fond des sacristies, des séminaires et des couvents plutôt qu'au fond de la mer: et, si vous agissez sans précipitation, nous vous promettons une pêche plus miraculeuse que la sienne. Le pêcheur de poissons devint pêcheur d'hommes; vous, vous amènerez des amis autour de la Chaire apostolique. Vous aurez prêché une révolution en tiare et en chape, marchant avec la croix et la bannière, une révolution qui n'aura besoin que d'être un tout petit peu aiguillonnée pour mettre le feu aux quatre coins du monde.
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