Les modernistes ont conçu un savoir ou conquis le pouvoir ? par Scrutator Sapientiæ 2011-11-26 12:40:35 |
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Bonjour 8Charly,
1. Les (néo)modernistes, dans leur ensemble,
- ont-ils plutôt eu tendance à concevoir un authentique savoir pour l'Eglise, un savoir philosophique et théologique, recevable et transmissible, un nouveau rapport à la foi, une nouvelle vision de la foi, mais avec le désir et dans le souci de recevoir, d'actualiser l'explicitation, et de transmettre la radicalité et la spécificité de la foi catholique,
OU
- ont-ils plutôt eu tendance à conquérir le pouvoir dans l'Eglise, avec leur propre stratégie, mais au nom de leurs théories (parfois des hypothèses transformées en catégories),
- officiellement rénovatrices uniquement dans leur forme, et restauratrices du "christianisme des origines", dans leur fond,
MAIS
- effectivement destructrices des anciennes formes, notamment liturgiques, et créatrices d'un nouveau fond, potentiellement ou tendanciellement adogmatique, eudémoniste, immanentiste, oecuméniste,
à l'intérieur, voire au sommet, du paysage intellectuel catholique ?
2. Dès lors que nous nous approprions et que nous nous communiquons régulièrement la bibliographie, la documentation, qui permettent de connaître et de comprendre, dans leurs grandes lignes, les orientations générales, les principaux présupposés, des auteurs (néo)modernistes, afin de connaître et de comprendre, avant de juger, non les auteurs, mais leurs idées, je considère que nous n'avons pas de complexe d'infériorité intellectuelle paralysante à exprimer ou à ressentir.
3. En revanche, il est certain que nous subissons les conséquences de la mise en place d'une configuration incapacitante, dans la mesure où ces auteurs exercent des fonctions, occupent des positions, non seulement intellectuelles, mais aussi institutionnelles, au sein même de l'appareil ecclésial.
4. L'érudition philosophique et théologique de certains auteurs est apparemment impressionnante, intimidante, mais il ne faut pas se laisser impressionner ni intimider,
- d'abord, parce que leur érudition intellectuelle n'est pas une garantie d'orthodoxie confessionnelle, ni de pérennité de leurs idées,
- ensuite, parce qu'il arrive que la fidélité "idéologico-jutificatrice" qu'ils revendiquent, envers tel ou tel auteur non catholique, dans l'espoir de disposer d'un argument d'autorité par procuration, soit approximative ou superficielle, quant elle n'est pas carrément falsificatrice de la pensée de cet auteur et / ou de leur propre pensée.
5. Faute de temps, je ne développe pas, mais je vous assure que je n'exagère pas ; à l'exception de quelques auteurs, déjà cités ici, qui ont tous cessé de produire ou de vivre, au plus tard, à la fin des années 1980, les (néo)modernistes contemporains sont avant tout, presque tous, capables (je ne le suis certes pas), mais aussi désireux (je ne le suis pas non plus), de se placer dans le sillage de tel ou tel philosophe ou théologien, ou de telle ou telle philosophie ou théologie "à la mode", quitte à changer de sillage, entre le début, le milieu, et la fin, de leur carrière ecclésiastique et intellectuelle.
Bonne journée et à bientôt ; je reviendrai, si je le peux, sur ce sujet, ce samedi, car ce message est sûrement quelque peu réducteur, mais le devoir m'appelle.
Scrutator.
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