Suppléance de l'Eglise et état de nécessité : double objection par Gaudium 2026-07-27 14:44:38 |
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Je n'ai pas vos connaissances théologiques, ni celles par exemple de Reginald ou Signo, mais intuitivement et de manière basiquement rationnelle, je trouve votre positionnement, bien que formellement séduisant, pas totalement convaincant.
En premier lieu, d'une manière générale, est-il concevable de faire prévaloir son jugement personnel sur celui du Vicaire du Christ quant à l'appréciation d'un éventuel état de nécessité ? L'Eglise, telle que le Seigneur l'a voulue, n'est pas une réalité abstraite, "dans les nuages", pour reprendre l'expression de votre supérieur, mais elle est concrètement réalisée sur cette Terre à travers une hiérarchie ecclésiastique et à sa tête le successeur de l'apôtre Pierre, ici et maintenant. Cette conception duale de l'Eglise, qui consiste à opposer l'Eglise véritable à l'Eglise institutionnelle au point de devoir, dans certaines circonstances, désobéir formellement, sur une matière grave, qui engage la succession apostolique, à la seconde pour rester fidèle à la première, n'est-elle pas en outre dangereuse puisqu'elle rend aisé un glissement fondé sur sa propre subjectivité ?
En deuxième lieu, dans le cas concret des consécrations épiscopales du 1er juillet, vous écrivez : "si les fidèles sont privés de la messe traditionnelle et des sacrements non altérés, le droit de l'Église à se perpétuer (le droit à l'existence) prime sur les règles de procédure".
Pardon, mais ce sont fondamentalement les sacrements qui sauvent, c'est-à-dire notamment la messe. Pas la messe "traditionnelle". La messe, qu'elle soit de saint Paul VI ou de saint Pie V ! La forme, quel que soit votre attachement à l'ancienne, n'est pas au-dessus du fond. Or, la messe en elle-même n'est évidemment pas remise en cause.
Quant aux "sacrements non altérés", on comprend que vous critiquez les nouveaux rituels. Mais en faisant un peu de mauvais esprit, je suis tenté d'écrire : faites-vous référence aux sacrements de la confession et du mariage célébrés au sein de la FSSPX et désormais non pas seulement illicites (ce qui est déjà un problème ecclésiologique) mais aussi invalides ou à tout le moins douteux ? Car s'il existe du point de vue sacrementel un véritable état de nécessité pour le salut des âmes, il consiste bien à ne pas prendre le risque d'administrer ou de recourir à de tels "sacrements" dont, au bas mot, la validité est douteuse. La responsabilité morale de chacun requiert une sérieuse mise en garde à ce sujet.
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