Un aspect sur lequel Madiran a bien insisté par Ennemond 2026-03-05 09:28:14 |
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Lors de son entretien sur le sujet en 2011, Jean Madiran avait bien insisté sur cet aspect : le fait que les consécrations par Mgr Lefebvre ne soient pas faites sans le mandat pontifical mais bien à l'encontre d'une interdiction formelle du pape. Madiran indiquait qu'il n'avait pas voulu prendre partie à l'époque mais, vingt ans plus tard, il avait insisté pour organiser l'interview et pour aborder de façon précise ce sujet. Il souhaitait donner raison à Mgr Lefebvre, à son étonnante lucidité dans ce contexte déroutant. Pour lui, l'archevêque ne transgressait pas une loi divine mais une mesure ecclésiastique, attitude rendue nécessaire par la perte grandissante des âmes du fait de l'égarement des hommes d'Eglise, lequel a récemment culminé avec la déclaration d'Abu Dhabi.
Il est évident que la comparaison de la FSSPX avec la réforme de Luther est peu convaincante à moins de l'appliquer au chemin synodal allemand (mais je crains que le moins augustin était un enfant de coeur à côté). Il y avait à l'époque une Église inébranlable (en dépit des abus de certains clercs). La doctrine était saine. Aujourd'hui, nos contemporains, en grande majorité, ainsi qu'une grande masse de clercs, ne croient plus dans la présence réelle ou dans les droits de Dieu sur les sociétés. Le silence assourdissant de la papauté devant les apostasies de masse de certains épiscopats est une situation désastreuse alors qu'on attendrait logiquement une proclamation de la vérité. A la place, nous avons des discours sur la planète ou sur la solidarité... C'est à se demander parfois si on n'est pas en plein rêve (ou en plein cauchemar). Le cardinal Sarah ou le père de Blignières, malgré leur courage, leur dévouement et leur engagement, donnent l'impression d'être, en plein incendie, des observateurs qui s'indignent que les camions de pompiers ne respectent pas le code de la route. Alors que la foi disparaît de nations chrétiennes, à la faveur des enseignements du clergé, doit-on laisser les âmes en déroute ? Mgr Lefebvre pensait qu'une attitude passive lui serait reprochée là-haut : "Je veux qu'à l'heure de ma mort, lorsque Notre Seigneur me demandera : Qu'as-tu fait de ton épiscopat, qu'as-tu fait de ta grâce sacerdotale et épiscopale ? je n'ai pas à entendre de la bouche du Seigneur : tu as contribué à détruire l'Eglise avec les autres". Qui peut lui lancer la pierre face à la conscience d'évêque qu'il avait ?
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