Ce qui me frappe par Signo 2026-03-04 20:35:52 |
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Ce sont les mauvais arguments employés par les partisans comme par les adversaires des sacres.
Ce texte de la Nef est truffé d’approximations, de biais cognitifs ou même d’erreurs :
- un raisonnement in abstracto, faisant totalement fi des contingences concrètes : la réalité est que la liturgie latine traditionnelle aurait disparu sans les sacres de 1988, avec des conséquences tragiques pour la capacité de l’Eglise à surmonter la crise actuelle; et cela, personne ne peut le nier. Ce respect aveugle de la loi est précisément ce dont il est question en Luc 14, 1-6. Et pourtant le respect du sabbat était bien une loi divine…
- toute la Tradition de l’Eglise est réduite à ce qu’a écrit Pie XII sur ce sujet (dans un tout autre contexte d’ailleurs); il est pourtant faux de dire que la nomination des évêques par le pape serait de droit divin. La confirmation oui, mais c’est tout autre chose, et cela n’a rien à voir avec les sacres en eux-mêmes. Pendant des siècles, le pape n’a pas nommé les évêques même latins (les orientaux je n’en parle même pas). Ce qui est de droit divin c’est la nécessité pour un évêque d’être en communion avec le pape et d’en reconnaître la juridiction universelle, pour recevoir de lui une juridiction. Mais c’est un sujet distinct de la nomination et des sacres qui en résultent. Et cela peut parfaitement se faire après les sacres… il y a chez les opposants aux sacres une confusion permanente entre les principes fondamentaux d’origine divine et les règles ecclésiastiques en vigueur, variables selon les époques;
- par ailleurs il est faux de dire que Mgr Lefebvre refusait, même implicitement, la primauté pontificale. Si c’était le cas, pourquoi aurait-il assimilé les quatre évêques à des « évêques auxiliaires », exerçant un épiscopat a minima, sans aucune juridiction propre?
La lettre tue, l’esprit vivifie. Certes le consentement romain, et donc le mandat qui le formalise, est une lourde obligation. Mais dans des situations exceptionnelles, il est possible de sacrer sans mandat, si le bien des âmes et de l’Eglise le justifie, à condition de garder le sens de l’Eglise. Or, bien plus que les sacres en eux-mêmes, c’est davantage à ce niveau que le bât blesse concernant la FSSPX: a-t’on réellement le sens de l’Eglise quand on se considère soi-même, non comme une partie d’un tout, mais comme un tout à part entière, et que l’on assimile toute participation aux offices du reste de l’Eglise à un péché ?
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