[réponse] par Marco Antonio 2026-01-21 17:24:22 |
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Tout ce que dit l'abbé Barthe contre les nouveaux rites va manifestement dans la bonne direction, mais ses propos concernant le prétendu caractère non obligatoire du magistère de Vatican II et de la nouvelle messe me laissent perplexe.
Ça semble découler d'une incompréhension de la nature des enseignements de Vatican II.
L'abbé Barthe dit: « ce type d’enseignement permet en effet d’émettre des doctrines très nouvelles (l’Église respecte sincèrement les autres religions, Nostra Ætate, n. 2 § 2), en infirmant par le fait sans avoir à la contredire puisqu’on reste dans le « pastoral » l’autorité du magistère antérieur, le tout sur un mode qui s’intègre à une liberté intellectuelle moderne qui rejette toute dogmatisation, sauf celle précisément de la liberté ».
Mais:
1. on ne peut pas infirmer sans contredire ou s'opposer. Et même à vouloir, indûment et abusivement pour ce qui me concerne (les enseignements de Trente n'étaient-ils pas pastoraux ?), concéder tout ce que l'on veut à la « pastoralité » de ces enseignements, il est évident que cette « pastoralité » n'a rien à voir avec la contradiction parmi eux et les enseignements du magistère de l'Eglise (dit « antérieur »), ni élimine cette contradiction. Au contraire, la « pastoralité » confirme que les enseignements de Vatican II sont proposés précisément pour paître le troupeau, donc elle montre un lien très clair entre l'exercice de l'autorité et la finalité pour laquelle cette même autorité a été établie;
2. Vatican II n'a laissé aucune liberté de croire ce que le même Vatican II a contredit en proposant ses enseignements. Toutes les persécutions et les brimades subies par ceux qui, au fil des années, ont cherché à sauver la foi et la messe contredisent cette opinion;
3. la perception que tout a été fait « sur un mode qui s’intègre à une liberté intellectuelle moderne qui rejette toute dogmatisation, sauf celle précisément de la liberté » confirme que les novateurs exigent que les fidèles suivent les nouveautés (à moins que nous ne voulions pas croire que la liberté moderne est une véritable liberté au sens catholique) et cette remarque de l'abbé Barthe finit en réalité par démentir l'affirmation du même abbé Barthe selon laquelle «Vatican II [...] n’a voulu ni condamnation, ni dogmatisation», car la dogmatisation de la fausse liberté c'est la condamnation de la foi catholique.
Je voudrais enfin souligner que dans la Lettre aux évêques accompagnant Summorum Pontificum Benoît XVI parle de « Beaucoup de personnes qui acceptaient clairement le caractère contraignant du Concile Vatican II, et qui étaient fidèles au Pape et aux Evêques, désiraient cependant retrouver également la forme de la sainte Liturgie qui leur était chère ». Dans ce même document Benoît XVI dit aussi: « Évidemment, pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l’usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. L’exclusion totale du nouveau rite ne serait pas cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté ».
Or, si je ne comprend mal, pour l'abbé Barthe la foi de Vatican II et des « ses » rites (lex orandi, lex credendi) est en contraste avec la foi catholique. Mais il n'y a aucun doute que pour les « papes conciliaires » elle est bonne, sainte et contraignante. Il n'y a aucun doute que pour ces « papes », pour pouvoir célébrer licitement les « anciens rites », il faut (au minimum!) accepter soit Vatican II, soit « sa » liturgie comme magistère et comme liturgie de l'Eglise. À la question posée par Monsieur l'Abbé « Est-ce désobéir quand il n’y a pas lieu à obéissance ?», la réponse doit donc certainement être que, si ces « papes » sont l'autorité, il y a bien sûr (!) lieu à l'obéissance. Et à la question « Est-ce désobéir que ne pas se soumettre à une loi qui ne sert manifestement pas le bien commun ? », la réponse doit certainement être que l'Eglise ne peut pas promulguer une loi universelle qui ne sert pas le bien commun et qui est en contraste avec la foi catholique et que alors, cette loi en n'étant pas une loi de l'Eglise, il n'y a pas question d'obéissance ou désobéissance.
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