Là où la critique doit s’arrêter par Réginald 2026-01-08 11:22:42 |
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Vous mélangez deux plans qui doivent absolument être distingués.
La critique de la papimanie – que je partage largement – porte sur l’absolutisation abusive de l’autorité, érigée en critère unique de vérité, indépendamment de la Tradition, de la Révélation et de la raison théologique. Sur ce point, vous avez raison : ni Vatican I ni Vatican II n’ont jamais canonisé un positivisme pontifical, et Benoît XVI lui-même a rappelé les limites intrinsèques de l’exercice du magistère, ainsi que la possibilité d’abus d’autorité.
Mais la question de la légitimité et de la validité des sacrements actuels ne relève pas de la papimanie. Elle relève de la doctrine sacramentaire catholique.
Soutenir que les sacrements célébrés aujourd’hui dans l’Église seraient « empoisonnés », intrinsèquement viciés ou spirituellement nocifs, ce n’est pas exercer un regard critique sur l’autorité :
c’est mettre en cause la promesse même du Christ à son Église.
Il n’est tout simplement pas concevable, théologiquement, que l’Église universelle, depuis des décennies, administre des sacrements invalides ou pernicieux tout en prétendant nourrir le salut des âmes.
Ce n’est plus alors une critique pastorale, ni même disciplinaire : c’est une thèse ecclésiologiquement destructrice, qui rejoint de fait – qu’on le veuille ou non – les logiques sédévacantistes qu’elle prétend pourtant refuser.
On peut discuter des réformes, de leur opportunité, de leurs effets spirituels, de leurs limites, de leurs ambiguïtés, de leurs abus massifs. On peut affirmer – et je le fais – qu’elles ont souvent été mal appliquées, parfois mal conçues, et qu’elles ont provoqué une crise profonde. Mais on ne peut pas affirmer que les sacrements de l’Église seraient devenus toxiques, sauf à nier l’assistance du Saint-Esprit promise à l’Église dans ce qui touche directement au salut.
Ce point n’a rien à voir avec une obéissance moutonnière ou une sacralisation de « l’autorité légitime ».
Il relève du noyau dogmatique catholique : la continuité sacramentelle de l’Église, malgré les péchés, les erreurs prudentes et les faiblesses de ses pasteurs.
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