c'est surtout plus largement la thèse des papimanes par Luc Perrin 2026-01-08 10:37:50 |
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L'autorité légitime comme alpha et omega, c'est un visage, le plus pernicieux sans doute, de la papimanie.
Comme si c'était le seul et unique critère à prendre en compte, indépendamment de tout examen de conformité avec la Tradition, la Révélation dans son intégralité et les données humaines (histoire, sociologie, bon sens).
La papimanie est une maladie du catholicisme contemporain qui a envahi l'Église à partir du XIXe siècle : les sédévacantistes (et diverses variantes) en sont frappés au point d'atteindre à l'absurde mais les "conciliaires" en sont malades aussi à divers degrés et la frange des tradis ou ex-tradis qui préfèrent l'étiquette au contenu.
Notons que jamais ô grand jamais Vatican I ou Vatican II n'ont ratifié la papimanie justement moquée par Rabelais dès le XVIe.
Notons aussi que les "traditionalistes mainstream" - j'aime l'expression - ne sont pas seuls à défendre un regard critique qui va très au-delà de savoir si "l'autorité légitime" a mis son tampon/sceau/signature sur un document ou pas pour s'y conformer aveuglément à la façon du mouton vaxiste et affublé de son masque en papier de carnaval.
Benoît XVI, après d'autres, a posé les lignes directrices de l'exercice du magistère pontifical et ses limites assez étroites en fait : homélie de mai 2005. Il peut y avoir abus de l'autorité aussi légitime qu'elle soit. S.P. le soulignait avec délicatesse.
Mon concile favori Latran V, autorité parfaitement légitime, décrets promulgués par ladite autorité légitime, n'a pourtant quasiment pas été appliqué par la hiérarchie on ne peut plus légitime d'alors.
J'ai déjà maintes fois rappelé que l'autorité légitime a mis à la poubelle la version erronée de la Vulgate pourtant promulguée par la précédente "autorité légitime".
Faut-il persister dans l'erreur pastorale quand celle-ci est manifeste ? Au prétexte que cette sottise a été initialement imposée par "l'autorité légitime" pour de bonnes raisons peut-être au départ ?
Le pape François a pourtant dit, redit, re-redit que tout ou presque est "pastoral" et qu'il convient d'ajuster. C'était certes excessif et ouvrant la porte largement au néo-modernisme et au néo-libéralisme. Toutefois il y a bien une part traditionnelle et de sens commun dans cette insistance bergoglienne. Il n'a pas su en tirer le meilleur hélas par "idéologie" pour reprendre le terme du cardinal Radcliffe, qui s'y connaît en la matière, au Consistoire.
Dernière observation. Les points de vue critiques, non papimanes, sont sans doute la grande majorité dans le catholicisme du XXIe siècle : les "traditionalistes mainstream" ne sont pas seuls tant s'en faut, des épiscopats entiers, la masse des théologiens déchirent à belles dents les textes de "l'autorité légitime", bien des clercs les ignorent et la plupart des laïcs. Chacun des regards critiques est différent évidemment mais le fait demeure.
Il faut n'avoir jamais lu La Croix une fois dans sa vie pour ne pas avoir conscience de ce fait sociologique massif.
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