Précisions par Signo 2026-01-08 16:36:03 |
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Je suis moi-même favorable à ce que les communautés traditionnelles puissent continuer d’utiliser la totalité des anciens livres liturgiques et donc tous les anciens sacrements.
A noter d’abord que l’ordinariat ou structure équivalente est d’ailleurs la seule solution pour parvenir à cet objectif : ceux qui veulent garder l’intégralité des anciens livres mais qui refusent l’ordinariat sont dans une contradiction insoluble...
Je pense simplement qu’attaquer comme le fait l’abbé Barthe, et avec une argumentation souvent faible ou contestable (un exemple : il n’y a aucun rapport entre l’abandon généralisé du sacrement de la confession à partir des années 1970… et la nature du nouveau rituel de confession), n’est pas la bonne méthode.
Par ailleurs quand on critique des rites approuvés par l’Eglise, la moindre des choses est d’être prudent, précis et factuel. Or ce livre, malgré certains passages intéressants, comporte beaucoup trop de jugements légers, désinvoltes, subjectifs. Ce n’est tout simplement pas sérieux.
On peut regretter la volonté de changer pour changer, on peut critiquer avec nuance et mesure la nature de certains changements, sans jeter un discrédit et une suspicion générale sur les nouveaux rituels dans leur ensemble.
Outre certains changements que l’on peut légitimement critiquer (par exemple l’atténuation des exorcismes dans le rituel du baptême, ou bien la possibilité difficilement justifiable d’utiliser d’autres huiles que l’huile d’olive pour l’onction des malades), le véritable argument est l’affirmation de l’unité des différents livres liturgiques, qui forment un tout cohérent et qui perdraient cette cohérence si on se mettait à procéder à des mélanges ou à des bricolages douteux (ancien missel mais nouveau pontifical et/ou nouveau rituel etc).
Deux points cependant sur lesquels je suis critique vis-à-vis de l’abbé Spriet :
- D’abord un usage un peu trop prépondérant de l’argument d’autorité. Le fait qu’un rite ait été approuvé par l’Eglise est évidemment un élément à prendre en compte, cela ne saurait être suffisant pour clore le débat. Sinon l’Eglise catholique devient une secte…
- Ensuite cette manie de parler encore de « réforme de la réforme » en 2026. On dirait que certains n’ont toujours pas compris que nous ne sommes plus sous l’ère Ratzinger, à vouloir recoller les morceaux d’une unité liturgique brisée. Je pense qu’il n’est plus possible de réparer les dégâts causés par la réforme liturgique. La liturgie de Paul VI est allée trop loin dans le sens de la fluidification rituelle, de « l’adaptation », etc. En dehors de quelques aménagements mineurs qui seraient souhaitables dans la pratique du VOM, la priorité pour nous n’est plus « d’améliorer » ni la liturgie traditionnel (ce qui supposerait une réforme liturgique le concernant, au risque de détruire le peu qui fonctionne encore), ni de « traditionnaliser» le NOM (ce qui est impossible dans l’état normatif actuel et d’ailleurs presque plus personne ne le veut). Rêver encore en 2026 de « réforme de la réforme » comme le fait l’axe La Nef-Fontgombault, relève de la même illusion de « reconquista » que celle consistant à s’imaginer qu’un jour toute l’Eglise reviendra au missel de 1962 : dans les deux cas cela n’arrivera jamais. C’est peut-être triste à dire, mais la liturgie de Paul VI doit être abandonnée à son triste sort, et nous devons concentrer toutes nos énergies sur la liturgie traditionnelle, seule réalité solide dans ce qui reste de l’Occident chrétien. Et sur cette base solide, il faut non s’encrouter dans un traditionalisme de réaction, mais renouer avec les intuitions du premier mouvement liturgique : approfondir la liturgie et s’en nourrir telle qu’elle est, en donner une interprétation la plus proche de ses sources bibliques et patristiques… mais sans prétendre la changer ou « l’améliorer », car le prétendu « mieux » est trop souvent l’ennemi du bien, comme la triste histoire de la réforme liturgique et les soixante années qui ont suivi l'ont demontré de manière éclatante !
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