Paul VI ne s'en tenait évidemment pas au Concile lui-même par Pétrarque 2019-12-31 15:43:26 |
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Il est effectivement un peu facile de faire de Paul VI un velléitaire dépassé par les événements et mal conseillé par de vilains progressistes qui abusaient sa confiance.
Paul VI, dès le début, incarne ce fameux "esprit du concile" auquel on fait tout dire (et souvent beaucoup plus que ce que dit le texte conciliaire).
Ce qu'on entend très souvent dans l'Eglise catholique par "le concile" à partir de, disons, 1964, ce ne sont pratiquement jamais les textes du concile eux-mêmes.
"Le concile", c'est un esprit, une dynamique, un élan de long terme dont personne -pas même Paul VI- n'est en mesure de pouvoir dire combien de temps ils vont durer ni jusqu'où il vont aller.
Voici, pour clore un débat de toute manière voué à demeurer stérile, ce que dit Paul VI dans sa catéchèse du 15 juillet 1970 :
L'après-concile prend aujourd'hui une grande importance. Quels effets a produits le Concile ? Quels effets peut-il encore produire ? Nous sommes tous convaincus que les cinq années, depuis sa conclusion, ne suffisent pas pour donner, sur lui et sur son importance, sur son efficacité, un jugement exact et définitif ; et nous sommes cependant tous également convaincus que le Concile ne peut pas être considéré comme terminé, à la fin de ses travaux, comme il arrive de tant d'événements que le temps, en passant, enterre et dont il permet seulement aux érudits des choses mortes de conserver vivante la mémoire. Le Concile est un événement qui reste, non seulement dans la mémoire mais dans la vie de l'Eglise, et qui est destiné à demeurer, en elle et en dehors d'elle, pour une longue période encore.
Ce premier aspect de l'après-Concile mériterait de longues considérations, ne fut-ce que pour déterminer si l'héritage du Concile est simplement une permanence ou s'il est un processus en voie de développement ; pour déterminer, en effet, quels enseignements il nous a laissés de manière stable et fixe, comme il arrivait généralement aux anciens conciles qui s'achevaient par des définitions dogmatiques, toujours valables aujourd'hui et pour toujours dans le patrimoine de la foi ; et encore quels enseignements il nous a préparés en vue d'un développement et d'une expérimentation dans une fécondité ultérieure, comme il est à supposer que sont justement les enseignements de Vatican II, qui s'est présenté surtout comme Concile pastoral, c'est-à-dire tourné vers l'action. .
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